[FRENCH] Détenir le disque Omega Drive aura vraiment détruit la vie de Daredevil ces derniers temps. Non content de s’être attiré la haine de nombreuses familles du crime, voici que DD a aussi provoqué la colère d’un monarque bien connu pour son armure grise et ses vêtements verts. Le héros a en effet été enlevé jusqu’au royaume du Docto Doom. Ouille !

Daredevil #14 [Marvel Comics] Scénario de Mark Waid
Dessins de Chris Samnee
Sorti aux USA le mercredi 20 juin 2012

Une des choses qui a beaucoup marqué l’actuel volume de Daredevil, c’est, depuis les premiers épisodes, le parti pris graphique, qui insiste énormement sur la représentation visuelle du sens radar de Matt Murdock. Certes, cela avait déjà été fait avant à l’occasion mais les dessinateurs qui se sont récemment succédés sur la série se sont montrés particulièrement inventifs pour évoquer la façon très particulière dont DD perçoit le reste du monde. Aussi on pourrait parfois avoir l’impression que c’est le dessin qui fait le show. Dans ce Daredevil #14, le dessin de Chris Samnee ne démérite pas. Mais le scénario de Mark Waid fait bien la preuve de sa capacité à provoquer des situations qui nécessitent ces mises en images. Même si les artistes se suivent, le ton cohérent de la série me fait penser aux premières années du Captain America de Brubaker, quand on pouvait aussi bien croiser des dessins de Steve Epting, Michael Lark ou Butch Guice. Ici, la logique est la même. Et ça marche tout aussi bien…

On apprécie aussi la capacité de Waid a aller chercher des bad guys classiques de Marvel et à les injecter dans la sphère de Daredevil tout en leur trouvant un angle nouveau. Dernièrement c’était le Mole Man. Cette fois c’est le royaume de Doctor Doom qui est de la partie. Une bonne trouvaille, puisqu’elle permet de voir comment le Daredevil de Waid se comporte une fois sorti de son environnement urbain. Certains scénaristes passés de DD ont parfois passés des dizanes d’épisodes à faire déambuler le héros dans le même block d’immeubles, en se contentant de la relavite facilité d’une ambiance à la fois gothique et nocturne. Waid sait sortir DD de son confort et, en un sens, me fait un peu penser à l’approche qu’avait Ann Nocenti sur ce titre. Le Daredevil actuel, c’est un bon cocktail d’inventivité et d’action, qui ne se contente pas de nous ressortir les énièmes ninjas déjà vus depuis plus de trente ans. Cette fois encore la fraicheur est au rendez-vous !

[Xavier Fournier]