Avant-Premire VO: Review Civil War II #3

14 juillet 2016 Non Par Xavier Fournier

[FRENCH] Comme des dominos qui tombent, les retombes des oprations de Captain Marvel et de ses allis continuent. Ce troisime numro s’ouvre sur un procs dans lequel un super-hros est jug pour en avoir tu un autre. En un sens la vraie surprise du numro est qu’Iron Man/Tony Stark n’est ni l’un ni l’autre. Si Civil War II a certains avantages par rapport au crossover-type, d’un autre ct et malgr les rebondissements, on conserve l’impression d’un « pourrait mieux faire ».

Civil War II #3Civil War II #3 [Marvel Comics] Scnario de Brian Michael Bendis
Dessins de David Marquez
Parution aux USA le mercredi 13 juillet 2016

Plus qu’un « Civil War bis », Civil War II pourrait tre, en un sens, l’Identity Crisis de Marvel, c’est dire tandis que les hros se dchirent sur la question d’tre ou pas proactifs, les consquences de leurs actes leurs chappent totalement. Tout comme d’une certaine manire le pacte secret de Green Arrow et des autres dclenchait, involontairement, une srie de catastrophes. Aprs avoir cart deux hros peut-tre pas « majeurs » mais en tout cas des « fan favorites », Civil War II en arrive une autre mort, dont les consquences sont aussi problmatiques l’intrieur de l’univers Marvel selon qu’on fasse rfrence l’identit du mort o celle de son tueur. Malheureusement, Bendis se prend les pieds dans un certain nombre d’lments. C’est dire, par exemple, qu’on peut lire cet pisode en cherchant vainement le rattacher ce que Greg Pak a pu faire de Banner rcemment dans Totally Awesome Hulk. Bendis n’y prte pas attention (ou alors personne n’a pens brief les deux scnaristes) et son Banner lui n’est absolument pas raccord, en termes d’tat d’esprit ou de rapport ses transformations. Disons qu’il souffre de la comparaison avec les deux derniers pisodes crits par Pak, bien plus prenant. Plus largement, il y a cette impression qu’une partie des personnages se comportent de faon assez artificielle, n’interviennent pas ou peu, assistent aux vnements sans gure se poser de question. Tout au plus – arriv au troisime pisode (e cinquime si on prend en compte le FCBD et le #0) et aprs quelques morts dsastreuses – on commence voir de vagues « je suis avec Iron Man » mais sans plus (et Steve Rogers a l’air d’avoir perdu toute capacit de s’exprimer, encore que l’on peut rapprocher a des vnements dans sa propre srie). Cela nuit au clivage, il n’y a pas vraiment deux blocs et du coup pas vraiment d’atmosphre de « guerre civile » ce stade. Par comparaison, le rcent Avengers Standoff de Nick Spencer faisait un bien meilleur usage du casting.

« … We have a bit of a moral dilemma on our hands. »

Inversement, et malgr cette impression qu’une grande partie des personnages (une fois pass Tony Stark et Carol Danvers) ont la tte ailleurs, il faut bien voir que Bendis fait dans Civil War II ce qu’une bonne partie des auteurs de crossovers ont tendance oublier, c’est dire passer par un angle lgal. Aprs tout, c’tait un reproche qu’on pouvait faire au premier Civil War mais aussi la plupart des chocs idologiques entre super-hros (Legends et ainsi de suite) : le fait d’escamoter totalement toute option lgale et de tenter d’imposer ou de repousser des lois ou des dcrets sur le champ de bataille. L, Bendis avait dj ouvert le bal avec un passage devant le tribunal impliquant She-Hulk, le revoici qui revient sur ce terrain en empruntant la voix de Matt Murdock. Cela n’excuse ou n’explique pas tout (par exemple la place du coupable le Punisher aurait t bien plus logique, mme sans doute il n’aurait pas impliqu les mmes remous dans la communaut super-hroque). Sur ce terrain « lgal », la tendance au dialogue de Bendis trouve une raison d’tre et permet de dire les choses bien mieux que lorsqu’il s’agt de faire parler une bande de hros sur une pelouse. Mme si des personnages de premire importance sont concerns, Civil War II, par son excution, laisse une impression de ne pas aller au bout des choses et de remettre en jeu chaque nouvel pisode la perception du crossover dans son intgralit. Possible aussi que cela vienne pas seulement du scnario mais aussi du dessin de Marquez, dont la narration n’est pas toujours trs technique. Si la page de la mort peut interpeller, elle n’est pas la hauteur de certains autres dcs des comics. Il semble que le quatrime numro contiendra son lot d’explications (avec les allers-retours dans le temps de Bendis, difficile d’tre certain) et que notre perception de Civil War II pourrait, elle aussi, basculer vers l’avant dans un proche avenir.

[Xavier Fournier]