Avant-Première VO : Review Captain America: Reborn #4[FRENCH] Puisque nous arrivons au quatrième numéro de la minisérie devant ramener un certain Captain America sur le devant de la scène, il était nécessaire que les choses bougent, que les éléments s’activent un peu plus que lors des trois épisodes qui ont précédé. Ça tombe bien, Ed Brubaker était lui aussi disposé à avancer ses pions. Reborn regagne dont en intensité, même si par endroits on a un sentiment de boucle…

Captain America: Reborn #4 [Marvel]
Scénario d’Ed Brubaker
Dessins de Bryan Hitch
Sortie aux USA le mercredi 4 novembre 2009 (donc ami lecteur  de VF, ne vas pas plus loin)
Captain America: Reborn #4

Il faut sauver le soldat Rogers. Ou en tout cas le Captain America, naufragé dans l’espace temps parce que… euh parce qu’on lui a tiré dessus avec un revolver spécial qui se trouve avoir ce curieux effets secondaires et parce que visiblement le Red Skull n’avait rien trouvé de plus simple pour arriver à ses fins. Le Red Skull, justement, est revenu dans la distribution à la fin de l’épisode précédent et, en compagnie de Doctor Doom qui est lui aussi de la fête, la présence de « gros bonnets » du camp du mal donnent à l’ensemble beaucoup plus de tonus. Cela permet également à Brubaker de revenir sur certaines alliances passées il y a trois ans dans la série principale et permet d’installer le lecteur dans un sentiment de cohérence globale. Encore que. Quand tout est dit et qu’on voit finalement où veut en venir le Red Skull (et ça, pas de doute, l’épisode lève le voile sur le plan d’ensemble) on ne peut s’empêcher d’avoir d’une part un sentiment de déjà vu qui passera peut-être auprès de certains pour un hommage tandis que d’autres en resteront à une impression de redite. Je n’en dirais pas trop pour ne pas gâcher toute surprise mais enfin si vous suivez la série Captain America depuis assez longtemps alors ce plan vous semblera assez familier. Qui plus est, quand on comprends où « Crâne Rouge » veut en venir, on se dit qu’il s’est donné bien du mal alors qu’il avait un cube cosmique en main dès Captain America #1 (au début du run de Brubaker et Epting) et qu’il aurait pu s’épargner toute cette peine. Une interrogation, également, quelle est donc cette étrange case où Cap n’a pas tout à fait le « A » habituel ? Une sorte de crossover clandestin avec les titres Ultimate ? Un pied de nez qui sera expliqué autrement le mois prochain ? Allusion à un nouveau costume à venir ? A ce stade, allez savoir…

L’effet de boucle joue aussi parce qu’en lisant cet épisode, il n’est pas très compliqué de comprendre à quel point de la série le scénariste avait initialement prévu de ramener Steve Rogers et où les ventes post-Civil War ont joué un rôle pour repousser ce retour. Du coup ce qu’on nous montre a également un sentiment diantrement familier et on mesure la taille de la boucle effectuée. Maintenant soyons clairs. Je ne dis pas que c’est un mauvais épisode du tout et en un sens c’est peut-être même le plus tonique depuis le début de la série (Ah, Bryan Hitch surfant sur le run de Steranko… même si je n’aurais pas craint un peu plus d’émulation du côté « psyché »). Mais tels que nous sommes là, il ne reste plus guère de pages pour emballer l’affaire et j’ai peur qu’à force d’avoir pris du temps (au propre comme au figuré) au début, on en manque un peu sur la conclusion. On n’en est pas là, bien sûr, et on restera donc sur le constat que dans ce quatrième épisodes les choses se réveillent. Et c’est pas plus mal, mon capitaine…

[Xavier Fournier]