Avant-Première VO: Review Batman And Two-Face #26[FRENCH] Sorti (en tout cas pour l’instant) des préoccupations liées à son absence de sidekick, Batman est pris dans une sorte de guerre entre Two-Face et une vieille connaissance aussi bien des Wayne que des Dent. On se rend compte, d’ailleurs, de jusqu’où cette dernière est prête à aller pour sa revanche, avec une histoire familiale pour le moins « hardcore ». On sent qu’après le départ de Damian Tomasi et Gleason retrouvent maintenant leurs marques et un certain rythme de croisière.

Batman And Two-Face #26Batman And Two-Face #26 [DC Comics] Scénario de Peter Tomasi
Dessin de Patrick Gleason
Parution aux USA le mercredi 18 décembre 2013

Peter Tomasi est un auteur qui sait rebondir sur ce que les autres scénaristes lui donnent comme contexte. Il l’a prouvé pendant des années en écrivant Green Lantern Corps dans le sillage du Green Lantern de Geoff Johns, en faisant de même avec Batman And Robin derrière Grant Morrison… Et maintenant il semble qu’il se synchronise (et plutôt bien d’ailleurs) avec les thématiques de Scott Snyder. Depuis le reboot de DC, Snyder a en effet suivi une logique selon laquelle Batman/Bruce Wayne est loin de savoir tous les secrets des rues de Gotham, contrairement à ce qu’il croyait. Ici c’est un peu la même chose puisqu’on voit comment, un peu comme des dominos, les vies d’Harvey Dent et d’Erin McKillen ont été broyées de manière inexorable (finalement de façon pas très éloignée de ce qui a pu arriver à Bruce Wayne dans sa jeunesse). Cette logique et le fait qu’il a connu les autres acteurs de l’histoire avant qu’ils tournent mal font que pour Bruce ça devient forcément une affaire très personnelle. Et c’est tout au crédit de Tomasi d’arriver à faire passer ce sentiment alors que les McKillen étaient inexistants dans le folklore de Batman il y a encore trois épisodes. Et inversement je ne suis pas sur que c’était plus facile de nous faire ressentir la chose avec un perso comme Two-Face qui, à force d’être utilisé et ré-utilisé peut – en général – paraître usé. Ici on voit qu’il n’avait rien d’un saint avant l’accident qui l’a défiguré et que sa dûreté n’a pas fait que du bien…

Peut-être aussi que la série retrouve un souffle car elle sort de l’ombre du deuil qui lui a été imposé ces derniers mois, alors qu’elle se nommait à l’origine « Batman And Robin ». En tout cas l’élan est tangible aussi dans les dessins d’un Patrick Gleason qui semble revigoré. En tout cas c’est prenant et « Batman And… » retrouve un ton, une cohérence…

[Xavier Fournier]