[FRENCH] Nous avons double dose de Captain America cette semaine mais dans les deux cas il s’agit de projets diablement inspirés. Captain America: Patriot nous raconte ainsi la carrière (on serait tenté de dire le « calvaire ») de Jeff Mace, ancien héros connu sous le nom de Patriot, qui est obligé de tout sacrifier pour entretenir le mythe de Captain America. Une superbe évocation des années 40, qui comble bien des points de continuités restés flous depuis des décennies !

Captain America: Patriot #2 [Marvel Comics] Scénario de Karl Kesel
Dessins de Mitch Breitweiser
Sortie aux USA le 29 septembre 2010

1946: Jeff Mace est récemment devenu le troisième Captain America mais ne sait même pas jeter un bouclier et son sidekick est plus qualifié que lui pour le job. Miss America le supervise, le reste du All-Winners Squad le pouponne en décidant au cas par cas de ce qui est bon ou pas pour lui… Et ce bon vieux Namor, égal à lui-même, le méprise ouvertement. Pour cette nouvelle carrière, il a pourtant tout laissé tomber, y compris sa petite amie (qui aurait pu être sa sidekick) Miss Patriot. Même sa vie de Jeff Mace, en un sens, est passé à la trappe. Il n’y a guère que son agent de liaison, une certaine Betsy Ross, qui fait preuve d’un peu de sympathie… Là où cette série pourrait se transformer en « Jeff Mace n’est pas à la hauteur » à chaque page, le scénariste Karl Kesel offre cependant au personnage de superbes moments de grandeur. Comme la dernière mission du Patriot, par exemple…

Captain America: Patriot est le meilleur comic-book Marvel estampillé « Golden Age » que j’ai lu depuis longtemps. Certes, il y bien certains « retcons » par-ci par-là mais elles découlent de décisions qui avaient été prises bien avant que Kesel s’intéresse au personnage. A partir de là l’auteur nous donne une véritable trame, campe avec sincérité et authenticité les All-Winners, Jeff Mace, Betsy ou Miss Patriot. La carrière de « Cap III » se peuple ainsi de missions et d’adversaires (comme les Soviet Super-Soldiers des années 40) et les dessins de Mitch Breitweiser nous donnent quelque chose d’assez proches des flashbacks de Michael Lark dans les premiers Captain America de Brubaker. Captain America: Patriot est bien mieux, par exemple, que le Marvels Project (dans le sens où Kesel explore et révèle réellement) et ne faisons pas l’injure à CA:P de le comparer aux récents et mornes Torch ou Invaders Now. Bref, Captain America: Patriot n’a qu’un défaut… Moi j’en aurais bien pris 12 numéros du même tonneau. Si Karl Kesel pouvait s’intéresser ainsi à d’autres « flous de continuité » de la même période (pourquoi autour d’une séquelle qui pourrait être « All-Winners Squad ») ce serait parfait pour moi !

[Xavier Fournier]