Avant-Première VO : Blackest Night: Batman #2[FRENCH] Batman et ses ouailles voient eux aussi le retour d’un certain nombre de « chers disparus », désormais tous pourvus d’anneaux de puissance noirs. L’ennui, c’est que les justiciers de Gotham, contrairement à leurs confrères de la JLA, n’ont pas de pouvoirs cosmiques pour faire face. Est-ce que la présence du Deadman pourra faire pencher la balance ?

Blackest Night: Batman #2 [DC Comics] Scénario de Peter Tomasi
Dessins d’Ardian Syaf
Sortie américaine le mercredi 9 septembre 2009

Blackest Night: Batman #2Des « cadavres dans le placard », les personnages du Batverse en ont plus que leur lot. C’est presque une règle officielle : quand on veut faire partie des proches de Batman, il faut avoir quelques deuils sur ses épaules. Aussi quand dans le reste de l’univers DC on joue « debout les morts », l’affaire se complique sérieusement dans le secteur de Gotham. Peter Tomasi est à mon avis un scénariste méconnu ou tout au moins pas connu à sa juste valeur. Bien sûr, sa série Green Lantern Corps est par ailleurs au centre de l’action mais des choses comme ses épisodes de Nightwing ou des Outsiders valaient le détour, lui permettant de se placer dans la périphérie de Batman et d’écrire déjà une partie des personnages présents dans ce dérivé de Blackest Night (et au passage d’ailleurs, même s’il est trop tôt pour crier victoire, les spin-off de Blackest Night sont d’une bien meilleure tenue générale que les « machins parallèle » qu’on nous a parfois fait avaler pour des choses comme Countdown, Final Crisis ou Infinite Crisis). A un moment de ce numéro, l’auteur traite même la chose comme un « Day of The Dead » avec des super-héros disséminés dans l’histoire. On en revient donc aux poncifs comme l’assaut de la maison où les pauvres humains sont réfugiés et la nécessaire défense à coups de fusils. Hélas pour les « passants » de l’univers DC, ils ne sont pas face à des zombies traditionnels. Ceux-ci ont une certaine intelligence, de la férocité et puis une bague qui leur donne quand même le pouvoir nécessaire pour détruire un pâté de maisons…

Tomasi joue son coup en deux temps, en ne mélangeant pas les vagues des Black Lanterns tirés des ennemis de Batman et celles des morts plus personnels pour les héros en cagoule. On regrettera peut-être au passage que l’histoire fasse l’impasse sur Jason Todd. D’une part les Black Lanterns font la chasse à ceux qui ont échappé à la mort et Todd me parait entrer dans la catégorie. Peut-être aussi que l’épouse décédée de Gordon aurait eut sa place ici. D’un autre côté, à surcharger en « morts personnels », on risquait la sensiblerie, piège que la minisérie devra encore éviter dans son troisième ultime épisode. Bien qu’on n’ait pas besoin de « Blackest Night: Batman » pour vivre (mais combien de comics se tireraient d’un tel examen ?), la série se tire pas mal de sa mission et à certains égards me fait penser, en termes de pertinence, à la récente mini « Battle For The Cowl ».
Mention très bien aussi au dessinateur Ardian Syaf qui livre ici un travail cohérent et à l’ambiance complémentaire avec celle de la couverture d’Andy Kubert (trop souvent des couvertures promettent des atmosphères qu’on ne trouve pas à l’intérieur). Peut-être qu’on regrettera quand même en « léger défaut » que le projet verse plus du côté de Blackest Night que du Batverse actuel. Je n’aurais pas été contre voir l’intervention de certains des ennemis récents que Grant Morrison à injecté dans cet univers. Tout ça est quand même d’assez bonne facture…

[Xavier Fournier]