[FRENCH] Iceman a été un peu en retrait ces mois récents et sa dernière mise en valeur remonte au moment où Rogue était leader de sa propre escouade de X-Men, quand Mystique tournait autour du pauvre Bobby. Un rééquilibrage s’imposait et c’est sur cette idée que Marvel nous propose ce Manifest Destiny, utilisant Iceman et quelques seconds couteaux… hélas, on est  encore un peu dans le syndrome X-Men Unlimited, avec beaucoup de pages superflues. Dommage !

X-Men: Manifest Destiny #1 [Marvel] Scénario de Mike Carey, James Asmus, C.B. Cebulski
Dessin de Michael Ryan, Chris Burnham, David Yardin
Sortie aux USA le 4 septembre 2008

Qu’est donc devenu Bobby Drake depuis qu’on l’a un peu perdu de vue dans les pages de X-Men ? Malgré le titre Manifest Destiny qui laisserait entendre une destinée grandiose, il est… resté à la maison, à dorloter une petite amie retrouvée. Mais très vite, les choses prennent une tournure connue pour qui suit les aventures d’Iceman ces quinze dernières années. On lui ressort une nouvelle fois qu’il ne comprend pas ses pouvoirs, qu’il n’en utilise pas le plein potentiel… Le genre de choses qu’Emma Frost lui balançait déjà avant même la création de Génération-X, c’est vous dire su ca remonte… Mike Carey n’a apparemment pas tout dit alors je me garderais bien d’avoir un avis sur ce segment auquel il manque une conclusion. Il est clair qu’il a décidé d’envoyer le personnage au fond du trou…

Ce qui est dommage c’est qu’on fasse de cette histoire un récit à suivre puisque ce numéro aurait aussi bien pu être entièrement consacré à Bobby, tellement scénaristiquement les aventures des deux autres mutants n’apportent rien et sont plongés dans ce que j’appelle le système X-Men Unlimited (ce qui est faux d’ailleurs, je l’avoue, TOUS les épisodes de XMU n’étaient pas toujours comme ça mais une bonne partie d’entre eux n’étaient que des histoires balancées aléatoirement sur des mutants de troisième zone (sorry si votre perso favori en fait partie). Pour une histoire dessinée par Adi Granov ou David Aja, on avait beaucoup d’autres trucs à jeter, qui ne reposaient que sur des états d’âmes décrits de manière maladroite (exemple type: Colossus n’arrive pas à finir un tableau, prenons 12 pages pour décrire comment finalement il reprendre ses pinceaux).

Là, le rôle du poids mort est tenu tour à tour par Boom-Boom (écrite par James Asmus et dessiné par Chris Burnham) et Karma (scénario de C.B. Cebulski et dessins de David Yardin). Aucune de ces deux « vignettes » ne peut décemment prétendre à l’idée d’un « Destin Manifeste » promis par le titre général. Boom Boom se borne à chasser une mutante du mal qui l’empêche de faire ses courses de façon sereine et qui – horreur – la ridiculise parce qu’elle est plus populaire qu’elle sur Internet. Chris Burnham a un style qui par moment fait un peu penser à Scott Kolins et dessine de manière honnête une histoire qui n’est pas mal dialogué mais qui n’apporte rien, absolument rien. Pour Karma, par contre, il faut bien dire que David Yardin s’éclate au graphisme (dommage qu’il ne dessine pas l’ensemble du numéro) mais fondamentalement il ne peut dynamiser un récit plaintif. En huit pages on voit trois fois Karma en train de pleurer. Le reste du temps elle a mal à la tête ou elle boude. C.B. Cebulski a fait des merveilles sur des séries comme Loners. Là, franchement, c’est la version mutante des « malheurs de Sophie » et ça ne peut prétendre annoncer le moindre changement chez les X-Men.

Peut-être qu’à terme les événements initiés dans la partie réservée à Iceman auront un impact. C’est difficile à dire. Disons qu’on laisse le bénéfice du doute à Carey. Mais le reste du numéro n’a guère d’utilité. Dans l’état, c’est un peu mince.

[Xavier Fournier]