[FRENCH] La tension monte d’un cran alors que les mystérieux « voyants rouges », dont nul ne connaît l’origine ou la fonction, apparaissent aux quatre coins de l’Ultimateverse. Peut-être parce que, en fait, ils ont toujours été là – en tout cas depuis la Seconde Guerre Mondiale, qui semble décidément être le point de départ de toute la cosmogonie Ultimate. C’est en tout cas ce que semble confirmer un très bon flash-back dédié aux mutants.

Le précédent numéro laissait un arrière-goût amer, en grande partie du au manque de révélations surprenantes sur les origines de Cap. Mais Bendis renverse la vapeur avec ce troisième numéro. En effet, si l’intrigue contemporaine (ayant trait au réveil de ces mystérieux engins ornés d’un voyant rouge) ne progresse que très peu, le flash-back remplit parfaitement le contrat de lecture. En droite ligne d’Ultimate Origins #1, le scénariste revient sur Wolverine, le « premier mutant », et Weapon X. Pêle-mêle, nous y apprendrons la nature exacte des liens qui relient Logan à Magneto, les origines revues et corrigées dudit Magneto, ainsi que les tenants de sa relation à Xavier.

C’est idiot, mais le Magneto classique est pour moi tellement indissociable de ses « racines auschwitziennes » que je n’avais même pas envisagé qu’il puisse en être autrement dans l’univers Ultimate, dont l’actualisation est pourtant le principe de base. Du coup, cet épisode est une très bonne surprise, véritable madeleine pour qui a lu les titres Ultimate à leurs débuts. On y retrouve ce plaisir du jeu intellectuel consistant à updater des personnages célèbres. Ici, Bendis prouve qu’il était loin d’avoir abattu toutes ses cartes, tant cette nouvelle origine est bien raccord avec les débuts de Ultimate X-Men. Mieux, elle ouvre des pistes intéressantes de développement du personnage, totalement impossibles dans le Marvelverse classique. Car si Erik Lensherr version Stan Lee est une victime qui a décidé de relever la tête et de ne plus jamais se laisser piétiner, quel qu’en soit le coût, ici Bendis nous propose un drame fondateur tout autre, qui insiste davantage sur le côté psychopathe du futur maître du magnétisme. Bref, on ne boude pas son plaisir à la lecture de la suite de cette saga qui comble les blancs tout en créant de nouveaux espaces de développement. La vraie question étant de savoir si Ultimate Origins sera bel et bien le nouveau départ de la ligne Ultimate ou son chant du cygne. Parce que une fois les dernières interrogations en suspens résolues, que restera-t-il à ce « What if… ? » de luxe… ? Aux scénaristes de nous le dire !

[Antoine Maurel]