mightyavengers8.jpg[FRENCH] Les Puissants Vengeurs semblent spécialisés dans les affaires d’infections. Après le virus Ultron (et avant un prochain crossover qui surfera lui aussi sur la notion d’infiltration), les voici face à une ville entière de symbiotes. Et la présence des New Avengers ne va pas vraiment améliorer les choses. Tandis qu’Iron Man a quelques moments de bravoure, Bendis ne laisse pas le lecteur s’ennuyer.

Mighty Avengers #8 [Marvel] Scénario de Brian Michael Bendis
Dessin de Mark Bagley

Sortie américaine le 30 janvier 2008

Certains ont beau décrier le run de Chuck Austen sur la série Avengers (juste avant Bendis), n’empêche qu’il s’y passait certaines choses et qu’il est d’une certaine manière un peu comique de les voir « refaites » comme si cela n’était jamais arrivé. Du coup le début de l’épisode, consacré à Henry Pym offrant à son épouse une formule pour devenir géante est pour le moins une bizarrerie puisqu’à l’ère Austen, M’dame Van Dyne se pavanait déjà en Giant-Woman.

Sorti de cette question continuitaire, Mighty Avengers #8 est un peu la revanche de Tony Stark: après avoir été « infecté » dans le premier arc et avoir perdu sa personnalité, voici que la situation est inversée. Il est l’un des rares héros de New York a rester intact et en mesure de sauver ses concitoyens. Bien sûr, l’arrivée des New Avengers est un peu éventée par les retards pris par la série. Bien sûr, on sait à l’avance que Spider-Man, Wolvie et les autres survivent et s’échappent puisqu’on les a déjà retrouvé dans New Avengers. Mais il n’empêche que Bendis arrive à jouer avec ces surprises éventées, avec quelques scènes intéressantes.

La confrontation Ronin/Iron Man, par exemple, remet bien les choses en place entre les deux personnages. D’ailleurs Iron Man a le temps d’évoquer ses théories sur Secret Invasion et Civil War. A l’heure où beaucoup de gens le prennent pour un imposteur, il est amusant de voir qui d’après lui aurait été un « faux ». Pour une fois on voit les choses de sa perspective. Non pas que ca donne envie de lui donner raison mais au moins on comprend mieux ce qui se passe dans sa tête…

On notera au passage que les New Avengers apportent ironiquement peu d’aide, contrairement à leur intention première. La plupart des Puissants Vengeurs sont trop inhumains pour être infectés, ce qui n’est pas le cas des « New ». L’équipe d’Iron Man s’en serait sans doute sortie mieux sans l’intervention de leurs anciens amis. Mais surtout entretemps l’équipe comme Bendis semblent avoir oublié la raison de leur présence ici. Au début, les New Avengers convergaient vers le QG des « Mighty » parce qu’ils pensaient que le syndicat du crime allait attaquer le groupe de Stark. Là, bizarrement, Luke Cage et le reste de la bande s’étendent peu sur le sujet.

La vraie surprise, en fait, vient du fait que je m’attendais à ce que Bendis suive un peu la même vitesse que dans l’arc précédent. C’est à dire qu’on ait droit à trois ou quatre épisodes de symbiotes infestants New York avant qu’on se débarrasse. Et bien non, le scénariste passe à la vitesse supérieure et les Mighty Avengers enchaînent sans perdre de temps avec le vrai responsable des événements. Un petit truc cependant: le comportement de Ms. Marvel est très similaire à celui vu dans New Avengers Annual #2 et à un moment l’auteur devra trouver autre chose pour régler la relation entre les deux groupes qu’une sorte de permissivité balancée comme un Deus Ex Machina. Si le premier arc de la série était un peu lent dans sa narration, ce n’est pas le cas de celui-là. Et il semble déjà que dans le prochain épisode non plus on n’aura pas pas le temps de s’ennuyer. A plus forte raison maintenant qu’une fois passé le #8, l’affaire du décallage avec New Avengers est une chose oubliée et qu’on ne risque plus de (minimes) spoilers…

[Xavier Fournier]