capa35.jpg[FRENCH] Ayant prouvé le mois dernier qu’il reprendrait le masque et le bouclier mais utiliserait ses méthodes à lui, le nouveau Captain America mène l’enquête sur les tirs qui ont marqué la fin de l’épisode précédent. Comme auparavant, Brubaker opère par petites touches et on ne peut donc pas attendre un revirement spectaculaire, son intrigue visant le long terme. Non, l’épisode est marqué par l’arrivée d’un nouveau dessinateur.

Captain America #35 [Marvel]

Scénario d’Ed Brubaker
Dessin de Butch Guice

Sortie aux USA le 27 février 2008

Arrivé à ce 35ème épisode, les choses sont simples. Soit vous ne lisez toujours pas cette série (et rien de ce que nous pourrons écrire ici ne vous fera changer d’avis) soit vous êtes de ceux qui ont rejoint le récit tressé par Brubaker depuis bientôt trois ans (au pire, vous serez monté en marche au moment de la fameuse « mort » de Cap, il y a une dizaine de numéros). La stabilité scénaristique du titre est remarquable et c’est dont assez logiquement qu’on retrouve une 35ème fois ce qui a reconstruit le succès de cette série qui se lit comme un tout. Cependant je dois dire que j’attendais de façon fort mitigée l’arrivée de Butch Guice aux dessins sachant que depuis le début Steve Epting et Mike Perkins étaient arrivés à inscrire un ton très cohérent d’un épisode à l’autre. J’aime bien Guice (depuis ses débuts sur les Micronauts) mais au prime abord il a un style très différent d’un Epting et je voyais son arrivée comme une « rupture graphique » par rapport aux 34 premiers numéros. Et bien sur ce plan la surprise est assez bonne puisqu’à coup d’encrage et de colorisation, le résulat est… homogène. Pas de rupture, mais une continuité à laquelle Guice apporte ses propres caractéristiques (en lorgnant par moment sur quelques plans à la Gene Colan).

Peut-être que la seule faiblesse passagère de l’histoire tient en un passage où « New Cap » rôde en civil dans une foule. Je me demande bien qui lui a appris l’art du déguisement parce se promener avec un blouson qui porte son logo sur l’épaule et le visage découvert (alors que ses ennemis l’ont déjà vu démasqué), c’est vraiment donner le bâton pour se faire battre. Mais c’est un détail, une sorte de compromis assez compréhensible une fois qu’on a admis qu’on se trouve dans un récit de super-héros, dans un contexte où les monstres radioactifs et les mutants existent.

Si cet épisode est très raccord à celui a précédé, l’histoire prend une petite accélération vers la fin avec le retour d’une bande de gros bras qu’on avait presque oubliés et le sort de Sharon, maintenant qu’elle a changé de « responsable ». Une nouvelle fois un bon épisode mais bon, au bout de 35 épisodes, comme nous le disions, on ne s’attendait pas spécialement à être déçus…

[Xavier Fournier]