Avant-Premire VO: Review Dark Nights: Metal #1

16 août 2017 Non Par Xavier Fournier

Batman a collect dans le plus grand secret des indices connects un mystre qui brasse plusieurs univers, plusieurs millnaires et la raison mme pour laquelle il a choisi son « totem ». Mais c’est bien toute la Justice League qui se retrouve mle l’affaire, avec un dmarrage sur les chapeaux de roues et, quelque part en cours de route, toujours de plus en plus d’lments vintage ramens et moderniss, comme un dernier clou au cercueil du reboot de 2011. Metal est une redcouverte (par les personnages) de l’univers DC dans toute sa diversit.

Dark Nights: Metal #1 [DC Comics]
Scnario de Scott Snyder
Dessins de Greg Capullo
Parution aux USA le mercredi 16 Aot 2017

C’est officiellement le dbut de Dark Nights: Metal, mme si pour le coup il est obligatoire d’avoir lu les deux premiers one-shots (The Forge et The Casting), indispensables pour comprendre un dbut de quelque chose dans ce numro. Encore qu’au dbut, il y a une ellipse. Batman semble tre pass quelque autre chose, tre coinc dans une aventure de la Justice League quand bien mme lie d’autres questions de Metal. Mais pour le coup le scnariste emprunte la mme dynamique que ses All-Star Batman, c’est dire que tout se passe trs rapidement. Des concepts font leur (r)apparition sans que l’histoire (pourtant trs « explicative » sur certains passages, comme le monologue de Lady Blackhawk) dcide de s’y arrter. On distribue des personnages, des ides mais on avance, l’objectif tant sans doute d’avoir deux niveaux de lecture : l’histoire au premier degr mais aussi une sorte de « super sampler »… Rien que dans les personnages mentionns dans les deux one-shot et dans cet pisode, il y en aurait pour des mois et des mois d’arcs, de sries exploiter. Ce sera sans doute le cas ds la fin de ce crosssover. Trs vite, on remarque que Snyder a dcid d’y aller franco dans les emprunts au pass. C’est dire non seulement de faire des allusions directes Final Crisis (mais a, d’autres comics nous avaient dj laiss entendre que le Batman post-2011 avait connu au moins une variante de cet vnement) ou carrment des choses que les hros ne sont plus supposs avoir connu. Cela va de rfrences au Aquaman des annes 90 (avec carrment une note ditoriale qui souligne la chose) jusqu’ un certain Starman dont la prsence (mineure) sera sans doute moins remarque que le « guest » de la dernire page mais qui, en un sens, symbolise mieux le message. Si mme ce Starman est nouveau « valide », alors tout l’est. Toute la structure du scnario tend nous dire qu’on croit toujours que ce l’on voit ce qui « est », mais que ce qui « est » comprend aussi bien ce que l’on voit et ce que l’on ne voit pas. Un peu plus d’un an aprs DC Universe Rebirth (et en un sens le visiteur de la scne finale tient du mme ordre que l’allusion Doctor Manhattan la fin de « DCUR »), Dark Nights: Metal y va sans retenue, sans hsitation et nous dit « tout est valide dans l’histoire de DC, mme ce que l’on n’a pas vu depuis un bail ».

« Lost to history is a story. »

Metal marque aussi le retour de Greg Capullo chez DC, aprs plus d’une anne passe uvrer sur Reborn, avec Mark Millar. Si l’occasion son long run sur la srie Batman (2011-2016) lui a permis l’occasion de dessiner quelques hros extrieurs au bat-univers, c’est la premire fois qu’on le voit faire feu de tout bois dans l’univers DC, c’est dire dessiner non seulement l’alter-ego de Bruce Wayne mais aussi, cette fois, non seulement des concepts cosmiques mais aussi des hros ultra-secondaires, disons mme « tertiaires » pour certains d’entre eux. Capullo dessine tout ce beau monde avec une relative galit de traitement. C’est dire que mme un hros oubli qui n’a que trois cases jouer, ou bien, mme qui n’est qu’un poster au mur, est dessin avec le mme respect, le souci du dtail qui sert sa personnalit (c’est peut-tre moins vrai avec la scne initiale, une partie de la Justice League tant oblige de porter des tenues qui ne sont pas les leurs). Immdiatement ces crations revivent, retrouvent leur ton. Capullo fait l’image ce que Snyder fait au scnario. Mis part la dernire pleine page, qui marque la fin de l’pisode, les rintroductions se font sans fanfare, servies sans effet facile avec une splash pour un oui ou un non. La seule page qui s’apparente une splash l’intrieur est un montage montrant plusieurs hros dans des endroits diffrents. Visuellement, Capullo n’insiste pas plus que a. Parce que l’pisode est dense et qu’on n’a pas la place, c’est certain, mais c’est aussi une manire de dire « So what ?« . La prsence de ces crations perdues de DC est si naturelle qu’il n’y a pas besoin de mettre en scne leur retour avec plus d’emphase. Dark Nights: Metal #1 est charg en rfrences et prometteur. Aprs, la seule petite chose qui peut inquiter, c’est que Snyder balance tellement de noms, de concepts et de liens (plus ou moins subtils) entre eux qu’on peut se demander si, globalement, le crossover arrivera matriser tant d’intrigues et si on ne se perdra pas un peu en route. Mais ce n’est qu’un premier pisode et ce n’est que naturel qu’ ce stade l la fin semble incertaine. A ce stade, c’est le contraire qui serait embtant.

[Xavier Fournier]