Batman doit tenter d’aider Superg… pardon, Gotham Girl, traumatisée par les évènements récents de la série. Et quand on dit « traumatisée », il faut comprendre que la pauvre fille a basculé dans la folie (de façon plus ou moins crédible) alors qu’un certain nombre d’ennemis de longue date de Batman refont surface.

Avant-Première VO: Review Batman #6Batman #6 [DC Comics]
Scénario de Tom King
Dessins d’Ivan Reis
Parution aux USA le mercredi 7 septembre 2016

Gotham Girl a carrément dévissé un boulon façon Britney Spears, elle se rase le crâne et divague dans le ciel de la ville en continuant de parler à celui qu’elle a perdu et en fondant sur le moindre criminel qui pointe le bout de son nez. D’un côté on aurait envie de penser que le personnage a soudainement basculé dans un fonctionnement à la Harley Quinn mais l’effet produit évoque plus la démence de Mary Marvel au moment de Countdown/Final Crisis. Et ce n’est pas un bon signe, surtout que l’histoire, construite sur des éléments poignants, devrait s’appuyer sur un peu de mélo. Mais la folie de Gotham Girl est si « artificielle » qu’elle nous coupe de l’empathie que l’on pourrait, que l’on devrait éprouver pour elle. C’est un handicap pour ce numéro qui, inversement, nous propose un Batman plus humain, plus compatissant que d’habitude. Là pour le coup ce Bruce Wayne plus proche des gens que nous propose King est une direction intéressante, même si elle n’arrive que dans un deuxième temps et qu’elle souffre aussi de la mise en place maladroite de Gotham Girl. Un peu entre les deux, Duke Thomas, sorte de chasse gardée de Scott Snyder dans d’autres séries, est ici limité à un rôle d’opérateur radio, King semblant préférer ne pas trop s’avancer en ce qui le concerne.

« Ye’ shall not be foolin’ ol’ Captain Stingaree twice ! »

Le dessinateur Ivan Reis anime véritablement ce numéro et donne une touche moderne à un certain nombre de personnages anciens, remontant au « Bronze Age », que Tom King s’amuse à lui donner en pâture. Non seulement on ne s’attendait pas à revoir des vilains de la trempe de Captain Stingaree mais le scénariste ET le dessinateur font un hommage appuyé aux comics de Batman dans les années 70. Toute la question étant de savoir si ces personnages sont juste réinjectés là parce qu’ils sont dispensables ou au contraire parce que King a quelque chose en tête les concernant. Globalement ce serait un bon épisode de super-héroïsme décomplexé si Tom King arrivait réellement à installer Gotham Girl avec plus de complexité et de sensibilité qu’une échappée d’un théâtre de Guignol…

[Xavier Fournier]