Superman 300[FRENCH] Paru en 1976, ce comic est en quelque sorte un précurseur de bon nombre de « Elseworlds » comme Superman Red Son ou même Supreme Power. Pour le 300e numéro, les scénaristes Cary Bates et Eliott St.Maggin racontent l’histoire de Superman si, au lieu de se poser sur Terre 30 ans en arrière par rapport à eux, il y était arrivé en 1976…

Il n’y a pas que la date qui change: Bébé Kal-El se pose non pas dans l’Amérique mais dans les eaux internationales. Les USA et l’URSS se livrent alors à une course pour être les premiers à s’emparer de l’Ovni. Kal-El est alors non pas élevé par les parents Kent mais par l’armée américaine, tandis que l’existence de l’extra-terrestre et le refus des USA de le partager fait monter les tensions internationales.En fait, cette partie « géopolitique » du script de Bates et St.Maggin est, aujourd’hui encore, très moderne. Si ce n’état du graphisme maintenant un peu passé de mode de Curt Swan, artiste classique de la série, ca n’aurait rien à envier à certaines histoires de Mark Millar…

Superman V1 300A partir de là cependant, l’évolution de ce monde parallèle prend un peu la route de la SF (les costumes bouffons de Curt Swan n’y sont pas pour rien) et une troisième puissance mondiale fictive (ses habitants sont un peu habillés comme dans Star Trek) décide de profiter de la situation pour provoquer la guerre entre USA & USRR. Kal-El, devenu entretemps Superboy, empêche le conflit mais le général qui l’a élevé meurt. Kal passe dans la clandestinité à ce moment-là. Pour conserver son anonymat, il combine les noms des militaires qui l’ont entouré et devient, sur cette Terre aussi, Clark Kent.

On arrive à la période correspondant vraiment à 2001. Enfin, bien évidemment un 2001 tel qu’imaginé par les auteurs de 1976. Les Terriens y sont habillés comme des Kryptoniens et Clark Kent est devenu journaliste d’une télé/hologramme en 3D. La nation mystérieuse qui a presque provoqué la fin du monde décide de retenter le coup, cette fois armée d’un androide à 4 bras, Moka, pensant que Superboy a quitté la planète puisqu’on ne l’a pas vu depuis des années. Moka prétend etre celui qui sauvré la Terre de la guerre mondiale, afin de profiter de la reconnaissance populaire et de son adoration. Clark Kent, voyant l’androide, récupère bien vite son costume (qu’il avait jeté dans la mer des années avant) et se lance dans la bataille). Devenu non plus Superboy mais Superman, le héros règle sans surprise son compte à l’androide mais, au lieu de rester en activité, fait un discours sur comment les vrais héros ne doivent pas être des idoles, que le public ne doit jamais abandonner son libre arbitre. Et puis Clark Kent redevient civil, en commentant que si la malchance faisait qu’on ait à nouveau besoin d’un héros, il sera là…

[Xavier Fournier]