defenders34a.jpg[FRENCH] Steve Gerber nous ayant récemment quitté, j’aurais du mal à ne pas vous parler d’un des comics les plus fous des années 70. Il y en aurait sans doute bien d’autres qu’on pourrait extraire de sa bibliographie mais la menace de Nebulon et des Bozos a une saveur bien particulière dans une série où (« non-équipe » ou pas) on attendait du super-héros…

La meilleure période des Defenders est celle écrite par Steve Gerber. Comme ça c’est dit. Vous aurez beau me sortir vos Roy Thomas, DeMatteis ou je ne sais quoi encore, je vous répondrais que parfois c’était sympa, parfois moins… mais que rien – absolument rien – n’arrive à l’épaule de ce que Gerber a fait des Défenseurs. A l’époque le groupe est essentiellement un quatuor essentiellement composé de Hulk, Nighthawk, la Valkyrie et Docteur Strange, avec des aides éventuelles venant à l’occasion renforcer le groupe.

defenders34c.jpgLa saga présentée dans Defenders #34 avait débutée dans les épisodes précédent alors faisons un peu de remise dans le contexte: Nighthawk a été victime d’un transplant de cerveau à l’insu de son plein gré: le sien a été conservé dans un bocal tandis que Chondu, membre des malfaisants Headmen, a occupé le corps de Nighthawk. Heureusement les Défenseurs s’en sont rendu compte. Du coup ils ont transféré l’esprit de Chondu dans un jeune cerf que Hulk prend pour Bambi. Et pour gérer temporairement le corps de Nighthawk, ils y ont installé l’esprit de Jack Norris, le très ordinaire mari du corps humain de la Valkyrie… Heu… Vous me suivez ?

Donc alors que l’épisode s’ouvre, ce n’est donc pas le vrai Nighthawk qui fait face à Nebulon, l’un des plus puissants ennemis des Défenseurs mais un débutant sans expérience (contrairement à ce que Nebulon croit). Très vite Nighthawk-Norris se retrouve confiné avec les autres captifs de Nebulon qui compte bien envahir la Terre. L’ennui pour Norris, c’est qu’il se retrouve du coup enfermé avec un jeune cerf enragé puisqu’il s’agit du même animal qui abrite l’esprit de Chondu depuis quelques temps… Heu… Vous me suivez ?

Se matérialisant sur Terre sous la forme d’un petit bonhomme chauve, Nebulon tente de mettre son plan en action mais est très vite repéré par Hulk, qui l’attaque sur le plan physique. Se retransformant en Nebulon (c’est à dire en une sorte d’Adonis doré), le méchant de service ne fait qu’une bouchée du géant vert et l’expédie dans le ciel. Hulk étant considéré comme une menace, Nebulon n’a aucun mal a se faire féliciter par la foule, d’autant qu’il leur fait croire qu’il fera d’eux tous des demi-dieux dorés, comme lui. C’est alors qu’il commence à vendre sa philosophie comme un marchand d’aspirateur, débutant du même coup une secte dédiée…

Hulk a retrouvé Docteur Strange et la Valkyrie. Avec son langage à lui (on est en plein époque Hulk = âge mental d’un enfant de 2 ans), il leur a fait un compte rendu des événements et les trois Défenseurs restants se rendent donc à la première séance de la secte de Nebulon pour voir les choses de plus près. Le plan de Nebulon ? Détruire l’auto-estime des gens en les arrivant à les convaincre qu’ils sont des… Bozos. Des masques de clowns se matérialisent sur leur face tandis que la scène se remplit de pom-pom girls criant « B.O.Z.O = Bozo !!! ». Imaginez la scène en cinéma et vous tombez sans doute dans quelque chose de très près du Rocky Horror Picture Show ou du Phantom Of Paradise. Franchement, la scène est d’anthologie… Du franc délire, un peu comme si les Monty Python tentaient de prendre le pouvoir…

Les Défenseurs arrivent à libérer Nighthawk (que Nebulon avait transporté sur les lieux) et vont pour en découvre avec leur ennemi doré… Avant que celui ci ne s’échappe, téléporté par le petit cerf… dont on se souviendra que le corps abrite l’âme et les pouvoirs de Chondu. Et oui, chez les Défenseurs, les malfaisants sont parfois sauvés par les pouvoirs magiques de Bambi. Chez les Defenders, on ne faisait décidément rien comme les autres et Steve Gerber (accompagné par Sal Buscema au dessin) prouvait par là qu’il n’avait rien d’un… B.O.Z.O !

[Xavier Fournier]