[FRENCH] Nous poursuivons encore aujourd’hui notre exploration de l’univers du premier des super-héros de l’histoire des comics avec un personnage qui prouve bien que l’histoire des super-héros s’enrichit des différents médias où ils apparaissent.

En effet, beaucoup d’exégètes du médium considèrent que James Bartholomew Olsen est apparu dès Action Comics #6 (novembre 1938) sous la forme d’un jeune membre de la rédaction du Daily Star. Mais c’est bien dans l’émission radiophonique The Adventures of Superman qu’il sera pour la première fois fait référence au personnage sous le nom de Jimmy Olsen en avril 1940.

L’émission radio sera un grand succès et la popularité du personnage est telle qu’il apparaît de nouveau et sous son nouveau nom dans Superman #13 (novembre – décembre 1941). Mais après quelques apparitions, il disparaît de nouveau des pages des comics. Il faudra attendre son arrivé sur les écrans de télévision dans Adventures of Superman pour le voir s’installer définitivement dans l’environnement de Superman. Son identité visuelle définitive doit d’ailleurs énormément au rôle télé. La version qui servira de socle au personnage sera celle qui émergera du silver age et que les lecteurs francophones découvriront dans les séries Superman de l’éditeur belge Interpresse notamment.

James Bartholomew « Jimmy » Olsen est un jeune orphelin qui est fasciné par Metropolis et plus particulièrement Superman. Son rêve est de travailler au Daily Planet avec Loïs Lane et Clark Kent qui sont ses deux modèles grâce à leur proximité avec son idole.

Mais une fois arrivé à Metropolis, Jimmy est confronté aux réalités de la vie et doit se résoudre à chercher du travail dans les petites annonces. Il répond à celle du professeur Crane qui a besoin de quelqu’un pour tester sa machine à voyager dans le temps. Mais la machine le propulse à la fois dans l’espace et le temps et il se retrouve sur Krypton juste avant son explosion.

Grâce à ses connaissances de Kryptonien qu’il a appris dans un livre que Loïs Lane a consacré à Superman il arrive à passer inaperçu. Il se rend alors chez Jor-El & Lara et est engagé comme baby-sitter de leur turbulent Kal-El. Avec l’aide de Krypto, Jimmy réussira à éviter que la police de Krypton ne trouve le laboratoire de Jor-El avant le lancement de la fusée qui emmène le futur Superman sur la Terre. Pendant cette brève période, Jimmy pourrais s’enorgueillir d’avoir donné une fessée au jeune Kal-El. Malheureusement, la machine du professeur Crane comporte de nombreux défauts dont celui de faire perdre leurs souvenirs à ses passagers.

Mais grâce à sa super-mémoire, Superman se souvient parfaitement de son baby-sitter « Kryptonien » et retrouve rapidement Jimmy. Pour le remercier de s’être occupé de lui lorsqu’il était bébé, il lui fait cadeau d’une montre qui envoie un signal à ultra-son pour l’appeler en cas de besoin. De plus, il le fait rentrer au Daily Planet comme photographe.

Le personnage de Jimmy Olsen devient très rapidement populaire, sans doute parce que le lecteur peut facilement s’identifier à lui. De plus, Jimmy apporte un aspect comique à l’univers de Superman. Il obtient très rapidement sa propre série Superman’s Pal, Jimmy Olsen dès septembre – octobre 1954 (avant Loïs Lane) qui durera 163 numéros avant de migrer dans le titre The Superman Family. L’un des événements récurrents de la série sera la transformation de Jimmy en tout ce qu’il est possible de monstre, extraterrestre, homme tortue, tarzanide, gorille, etc. Situation dont Superman le tirera à chaque fois. Un autre gimmick sera l’obtention de superpouvoir lui permettant de rivaliser avec son idole. Parmi les identités qu’il assumera, l’une d’entre elle reviendra de façon récurrente. Il s’agit de celle d’Elastic Lad qui lui vaudra l’honneur de devenir membre honoraire de la Legion of Super Heroes. Son statut de sidekick officieux vaudra également à Jimmy de partager très régulièrement la compagnie de Batman & Robin dans le titre World Finest Comics. Une amitié visiblement solide naitra entre les deux adolescents mais qui ne dépassera quasiment jamais les aventures publiées dans World Finest Comics.

Une autre identité récurrente est celle de Flamebird. En effet, Superman vivra régulièrement des aventures dans la cité miniature de Kandor (nous y reviendrons dans un futur French Collection). A ces occasions, il assumera l’identité de Nightwing (alias que reprendra ultérieurement Robin [Dick Grayson]) tandis que Jimmy deviendra Flamebird sur le modèle du duo Batman & Robin.

Si Jimmy est populaire auprès des lecteurs de DC Comics il est également populaire dans l’univers de la continuité super-héroïque puisqu’il existe un fan club Jimmy Olsen qui possède des antennes dans tout le pays. L’un des ressorts scénaristiques du personnage tient également à ses rapports avec Perry White, le rédacteur en chef du Daily Planet qui le rudoie régulièrement tout en lui portant une affection paternaliste. De nombreuses aventures auront donc pour cadre la rédaction du Daily Planet et les rapports de ses membres. Le fait que Jimmy soit orphelin sera également un ressort scénaristique puisqu’il se retrouvera une fois avec plusieurs pères dont celui véritable qui avait disparu dans une expédition et que Superman lui ramènera.

Du point de vue sentimental, le destin de Jimmy est une nouvelle fois lié au Daily Planet puisque sa fiancée quasi-officielle est Lucy Lane, la jeune sœur de Loïs Lane. Le personnage prendra une orientation plus sérieuse lors de la reprise de sa série par Jack Kirby et de l’introduction des intrigues liées à ce qui deviendra The Fourth World. Jimmy explorera les méandres du D.N.A. Project qui met en scène notamment The Newsboy Legion et The Guardian.

Suite à ce passage, le personnage de Jimmy perdra son aspect « comique » et deviendra un reporter d’investigation à l’égal de Loïs Lane et Clark Kent. Son énergie et sa détermination lui vaudront d’ailleurs le surnom de Mr. Action. A ce moment, la période du silver age s’achève et la mini-série Crisis on Infinte Earths va voir le personnage de Jimmy revenir à ses fondamentaux de jeune photographe impétueux du Daily Planet.

En langue française, le personnage de Jimmy Olsen sera vu principalement dans les publications de l’éditeur belge Interpresse et dans celles de l’éditeur français Sagédition. Mais il sera également vu dans ses aventures propres ou non dans quelques petits formats de l’éditeur Artima / Arédit.

[Jean-Michel Ferragatti]