Les héros de Fear The Walking Dead se sont dispersés et égarés. Ils font donc leur possible pour essayer de se réunir à nouveau. Alors que Morgan sillonne les routes départementales avec quelques nouveaux alliés plus ou moins volontaires, à bord d’un camion chargé de vivres, June et Althéa commencent l’épisode à bord du véhicule le plus dangereux de la série… qui se retrouve cependant rapidement inutile. Dans l’ombre, les deux factions sont désormais surveillées par quelqu’un qui n’a rien d’un ange.

No diesel

Après la tempête, le groupe a explosé en petites factions qui n’ont aucune trace du devenir des autres. June (Jenna Elfman) et Althea (Maggie Grace) sont donc coincée ensemble mais elles ont pour elles d’être à bord de la « place forte » de cette saison, le van blindé d’Al. Pourtant un tel engin nécessite qu’on en fasse le plein de temps à autre et, dans une région dévastée, les deux femmes se retrouvent coincées avec un véhicule puissant… mais qui ne peut plus rouler. Se pose alors une question double. D’un côté il y a Al qui s’accroche aux histoires que contiennent le van. De l’autre, il y a June, qui s’est illustrée dans les épisodes précédents pour prendre la poudre d’escampette dès que les choses se gâtent. Quand Al tombe malade et que June doit agir, son choix devient crucial. Est-elle toujours la fuyarde cynique ? Tient-elle assez à Al pour ne pas l’abandonner, elle et son van qui ne roule plus. Quand une voix indistincte se fait entendre dans le talkie, tout est remis en cause.

« New people, I like new people »

Fear The Walking Dead S04E12

Depuis le début de cette quatrième saison, Fear The Walking Dead est devenu « officieusement » un autre show, une sorte de troisième série se déroulant dans l’univers de Robert Kirkman, qui garde le nom de la seconde mais évolue dans une direction désormais différente. Le transfert de Morgan (Lennie James) a fait couler beaucoup d’encre virtuel, c’est certain, mais il faut aussi considérer, dans le même temps, la disparition d’un certain nombre de figures historiques de FTWD. A cette heure, il ne reste guère plus que deux personnages de la saison d’origine. C’est à dire qu’ils sont à peine plus nombreux que le seul Morgan, qui représente le « vrai » Walking Dead. D’ailleurs c’est bien simple, cette semaine il n’y a carrément aucun perso qui faisait partie de FTWD la saison dernière, tous sont aux abonnés absents (on regrettera d’ailleurs que la saison actuelle laisse aussi peu de place aux capacités de baratineur de Strand). Dans le même temps, la série a vu une injection massive de petits nouveaux. Si bien que même si l’on met à bout Morgan, Alicia et tous ceux qui existaient avant cette quatrième saison, ils sont désormais moins nombreux que les nouveaux arrivants (le vrai/faux cowboy, son grand amour, la journaliste, la petite fille meurtrière, les gens du camion, le brasseur de bière…). En gros, Fear The Walking Dead en est arrivé à cette période d’Urgences où il n’y avait presque plus de docteur de l’équipe d’origine, doublant ainsi sa série-mère (et la problématique prochaine du départ de Rick Grimes et de quelques autres).

« Les temps sont durs »

S’il est évident que les « nouveaux » ne survivront pas forcément tous dans les épisodes à venir, il est à prévoir que les semaines qui nous séparent de cette fin de saison de FTWD formeront une période de stabilisation, où il s’agira de consolider le « collectif » tel qu’il est désormais. Les épisodes actuels nous amènent aussi une autre forme de nouveau visage, celle (jouée par Tonya Pinkins) qui semble appelée à devenir l’antagoniste (en mode vilaine sorcière/empoisonneuse) de cette fin de saison. C’est aussi une nouveauté car jusqu’ici Fear The Walking Dead a rarement eu des « méchants individuels », des grandes figures du mal façon le Gouverneur ou Negan. Mais recruter tous ces nouveaux personnages ne sert que si on leur permet de s’installer. C’est visiblement ce que cherchent à faire les scénaristes de la série ces dernières semaines, en faisant monter en première ligne des personnages qui jusqu’ici n’existaient qu’en réaction d’un ou deux autres. On avait eu droit jusqu’ici aux « origines » de June/Naomi, mais c’était surtout pour justifier la quête de John Doris. La voici privée de lui, obligée de se demander si elle peut faire preuve d’autant d’espoir que lui. Plus largement ce douzième épisode entretient la même thématique qu’un élément de la semaine dernière. Il s’agissait alors de savoir s’il était juste de s’embêter à récolter quelques photos de personnes mortes. Cette fois la perte possible des vidéos d’Althea occupe la même place, installant à nouveau que les gens, même disparus, survivent encore tant qu’on se souvient d’eux.

Stronger signal

https://youtu.be/uVJnoQnTf50

Si l’épisode met énormément en valeur June, il n’en définit pas moins Al, qui doit choisir entre les considérations matérielles et sa propre sécurité. Même si le personnage d’Althea demande encore à être un peu mieux défini (il faudra bien, un jour, passer elle aussi par son « origin story »), June s’installe comme un personnage peut-être pas encore entièrement construit mais qui reprend à son compte certains des dilemmes que connaissait auparavant Madison : déterminer si sa sécurité et celle de ses proches l’emporte sur certaines valeurs altruistes. Pour finir, la vraie force croissante de Fear The Walking Dead ne tient pas forcément en la liste des personnages vivants (ou morts) mais aussi dans une réalisation beaucoup plus visuelle, filtrée, que les aventures de ce qui reste de la famille Grimes dans l’autre série. Fear The Walking Dead épouse totalement le concept d’un western post-apocalyptique. La saison 3 nous avait donné les cow-boys et les indiens. Morgan et Althéa circulent dans deux types différents de « diligences » qui attirent la convoitise des « desperados » de tous poils. On ne peut certainement pas faire à FTWD le reproche de stagner deux saisons de suite dans les mêmes événements.

[Xavier Fournier]