Rien ne s’arrange pour les X-Men, qui font face à différentes menaces simultanées. L’étrange présence de dinosaures s’ajoute à celle d’une armée de Madrox ayant sombrés dans la folie mais mystérieusement pourvus de nouveaux pouvoirs. Là-dessus, voir David Charles Haller (Legion) se pointer sur leur perron pour parler de reprendre les choses en main n’arrange rien à l’affaire. Mais… et si certaines de ces menaces étaient liées ?

Uncanny X-Men #3Uncanny X-Men #3 [Marvel Comics]
Scénario de Matthew Rosenberg, Kelly Thompson & Ed Brisson
Dessins d’Yldiray Cinar
Parution aux USA le mercredi 28 novembre 2018

Il n’y a plus un semestre, pratiquement plus une saison, sans que Marvel tente une nouvelle approche avec les X-Men via une énième relance. Oui, on sait, tout ça dans l’esprit de certains est lié aux aléas des relations entre Marvel et la Fox et comme cette dernière rejoint l’empire Disney, il ne faut pas chercher plus loin pour la relance du titre Uncanny X-Men le mois dernier. Dans la réalité, cependant, les choses sont bien différentes. Le fait est que, relance après relance, des auteurs pas spécialement connus pour être des manches se sont cassé les dents sur la reprise des X-Men, arrivant souvent avec les meilleures intentions et perdant le souffle, l’envie, dès les six ou sept premiers épisodes de leur run, avant de passer en pilote automatique et d’attendre le relaunch suivant. Peut-être est-ce que parce que la présente initiative peut compter sur trois scénaristes et une différence de rythme (Uncanny X-Men, remplaçant X-Men Blue, X-Men Gold, X-Men Red et à terme Astonishing, est essentiellement devenu hebdomadaire) mais cette fois la chose semble encore plus prononcée. En fait tout dépend de ce que Marvel a dans l’idée concernant les mutants. Si l’actuel titre Uncanny est une sorte d’équivalent de No Surrender, avant une relance véritablement construite sur du « dur », alors il faudra attendre cette dernière pour mesurer les choses en elles-mêmes. Mais si Uncanny X-Men par Rosenberg, Thompson et Brisson est considéré comme une fin en soi, alors l’éditeur aurait un gros problème. En fait, là où X-Men Red ou Astonishing X-Men savent s’appuyer sur la personnalité de certains héros, Uncanny ne fait qu’énumérer des scènes d’actions en nous montrant vaguement des personnages tels que Jean Grey, Psylocke, Pixie ou Rockslide mais sans vraiment s’attacher à eux. Cette fois, Bishop a quelques cases établissant son caractère mais c’est tout au plus ce qu’on peut retirer d’un épisode lu en quelques minutes sans qu’on lui trouve beaucoup d’âmes. Arrivé au troisième numéro à peine, le run est déjà tombé dans ce « pilote automatique » que nous évoquions plus haut… Sauf que les séries précédentes y sombraient moins vite.

« You stupid damn X-Men… Can never leave well enough alone. »

Uncanny X-Men souffre de diverses choses, en particulier de la comparaison avec Extermination, écrit par Brisson en solo sur la même technique d’attaques successives. Là où les impacts sont ressentis dans Extermination, ici cela devient vite une forme de routine. Certes, plusieurs personnages sont portés disparus mais les choses n’ont pas de parfum personnel pour les X-Men. Ajoutons que, sans doute pris par les délais de production d’une série qui paraît à un tel rythme, le dessinateur Yldiray Cinar n’est pas en mesure de donner son meilleur boulot. S’il s’agissait de refaire des X-Men un des joyaux de la couronne de Marvel Comics, l’objectif n’est pas rempli à ce stade. On a plus la sensation d’une routine. Et même l’injection d’une forme de futur alternatif vers la fin, avec des mutants « réécrits », tout cela à la fois un goût de déjà-vu (un peu façon « Battle of the Atom » sans qu’on ait l’impression de conséquences durables. On espère que les trois scénaristes (qui en solo ne sont pas des manches) trouveront le moyen de se reprendre et d’unir les forces. Mais c’est quand même quelque chose que si peu de temps après son lancement la série ait déjà perdu son fil…

[Xavier Fournier]