Avant-Première Comics VO: The Marvels #1

4 mai 2021 Non Par Xavier Fournier

Annoncée initialement l’an dernier et décalée pour cause de COVID, The Marvels débute cette semaine chez… Marvel. La nouvelle série de Kurt Busiek (et Yildiray Cinar) fait philosophiquement la synthèse des œuvres majeures du scénariste, pour une histoire à la fois polymorphe et dense. Au point qu’à ce premier stade on serait en peine de résumer le récit.

The Marvels #1The Marvels #1 [Marvel Comics]
Scénario de Kurt Busiek
Dessin de Yildiray Cinar
Parution aux USA le mercredi 28 avril 2021

Imaginez un crossover qui brasserait jusqu’aux personnages les plus mineurs d’un univers partagé… mais dans lequel on aurait retiré presque tous les héros majeurs. Si The Marvels n’est pas dénué de quelques vedettes (à commencer par Captain America lui-même), ce qui saute aux yeux dès les premières pages c’est la densité de l’histoire racontée par Kurt Busiek. Dans une seule scène, parfois dans une seule cas, vous pouvez croiser une vieille ennemie du All-Winners Squad (pratiquement pas aperçue depuis les années 70) mais aussi un ancien-future membre des Avengers et, peut-être, quelques sous-entendus concernant la filiation de Mantis. The Marvels commence comme une suite de scènes dans le désordre, un puzzle dont il n’est pas évident de reconnaître les pièces. On serait tenté de rapprocher le principe de certaines choses relativement comme le Multiversity de Grant Morrison mais… il convient de rendre à César ce qui est à César et pour le coup The Marvels reflète totalement l’ADN de Busiek, son amour d’une hypercontinuité, servie avec des figures narratives déjà observées dans son parcours. Il y a ce côté contemplentatif qui fait que le lecteur/spectacteur redécouvre des pans de l’univers et en un sens il y a effectivement une filiation avec « Marvels ». Mais dans le même temps le collectif que Captain America semble rassembler fait penser (dans la technique et pas dans le casting) à un brin d’Avengers Forever. Enfin un nouveau personnage, sorte de férailleur de la New York des super-héros, pourrait tout aussi bien être échappé d’Astro City.

« I didn’t come alone. »

L’histoire de Kurt Busiek donne un rôle central au « Sin-Cong », pays fictif qui, depuis deux ou trois ans, a remplacé le Viet-Nam dans le passé de l’univers Marvel (une manière de débrancher une partie des héros du repère chronologique de la guerre du Viet-Nam). De ce fait, l’endroit devient maléable et le scénariste ne perd pas de temps pour relier tout ça et donner à ce lieu « vide » une texture. Aux dessins Yildiray Cinar nous donne des pages efficaces mais doit jongler avec différentes époques et peut-être que jouer sur un registre visuel différent aurait pu être plus efficace. Encore que… il est probable que Busiek se réserve le droit de changer d’époque de référence. Est-ce le passé qui est un flashback ou le futur qui est une sorte de prédiction ? Difficile de trancher car, sur ce premier numéro, nous n’avons pas encore toutes les bases. Ce qui est clair c’est que la série ne vise pas particulièrement le newbie mais bien les amateurs de longue date de l’univers Marvel. Et comme il en faut pour tout le monde. Reste que le sort fait que ce premier numéro de The Marvels sort la même semaine où Marvel Studios annonce un futur film du même nom en guise de « Captain Marvel 2 » [*]. On peut se demander si l’éditeur ne vas pas être tenté d’écourter la vie de la BD naissante pour mieux l’utiliser au moment du film. En tout cas ce premier numéro pique la curiosité…

[Xavier Fournier] [*] Ceci dit c’est de bonne guerre, « The Marvels » était le nom du groupe auquel Carol Danvers appartenait dans la trilogie Earth X, bien avant que cela devienne le titre de ce comic-book.