David est le dernier espoir de l’humanité. En fait il est carrément le dernier humain (si l’on fait abstraction de Captain America) dans un monde où les superpouvoirs sont désormais omniprésents. Spider-Man et d’autres héros sont donc à la recherche du jeune homme. Mais David a été enlevé par Kraven le Chasseur, dont les manigances visent à corrompre David.

Marvels X #4Marvels X #4 [Marvel Comics]
Scénario d’Alex Ross & Jim Krueger
Dessin de Well-Bee
Parution aux USA le mercredi 8 juillet 2020

Au demeurant Marvels X peut sembler une sorte de mashup commercial un peu facile permettant de mélanger les deux marques « Marvel » avec lesquelles Alex Ross est le plus identifié. Après tout le Marvels originel s’occupait à rendre du lustre à une certaine époque passée du Marvel Age tandis que Earth X est une sorte de déconstruction, un futur post-humain. En théorie entre les deux vous avez l’univers Marvel moderne, celui que les lecteurs suivent chaque mois et il n’y n’aurait pas besoin d’y revenir. Instaurer un « chainon manquant » serait donc un exercice vain sur le plan chronologique. Mais ce n’est pas tout à fait l’idée que les co-scénaristes Ross et Krueger, avec Well-Bee aux dessins, ont en tête. Bien sûr, il y a un aspect « préquelle » d’Earth X, servi ici par les scènes où Luke Cage et, tacitement, Spider-Man, se préparent à devenir policiers. Mais la raison d’être de Marvels X est surtout thématique. Même si au premier plan on a un Kraven qui nous rejoue Kraven’s Last Hunt (si ce n’est qu’il est lui-même devenu une bête et qu’il recherche le seul être désormais digne de le tuer), la raison d’être de Marvels X se situe au second plan. Ross « réclame » ses deux projets phares un peu à la manière de Frank Miller qui inscrit Batman Year One, All-Star Batman et Dark Knight dans une seule chronologie. On connait la défiance de Ross envers des personnages trop « modernes ». Il les préfère « iconiques ». Et on voit bien ici que l’idée c’est de faire abstraction de l’univers Marvel de ces quarante dernières années pour faire comme si Earth X s’était produit vers la fin des seventies : Luke Cage a encore sa chemise jaune, Vision et Scarlet Witch ne se sont jamais séparés, Iron Man a son armure des 70’s… Dans le même temps des héros comme Sue Richards ou une partie des Avengers ne jouaient pas un grand rôle dans Earth X et les auteurs, ici, s’amusent visiblement à nous montrer leur sort (comme avec Hawkeye). Avec Marvels X, Ross et Krueger reconfigurent la nature d’Earth X. Ce n’est pas un futur potentiel. C’est plutôt une forme de rétrofuturisme, un monde parallèle qui, dès lors, ne rend des comptes qu’à eux.

« He is one of the noblest men I have ever met …But a bit of a crier »

Même si Marvels X est prévu comme une minisérie en six épisodes, ce quatrième numéro a le goût d’une fin d’arc. L’intrigue qui concerne Kraven touche à sa fin en tout cas et tout le principe est de savoir si le jeune David s’en sortira indemne. Cela peut paraître joué d’avance mais d’un autre côté il est le seul « remède » potentiel susceptible d’empêcher le monde d’Earth X et on sait bien que ce monde-là s’est réalisé, au moins dans cet univers. Il est donc forcément arrivé quelque chose à David entre l’instant T et le futur d’Earth X. On pourrait dire que c’est à la fois le personnage principal de Marvels X mais aussi le plus sacrifiable. Mais Ross et Krueger surfent plus largement sur cette notion sacrifiable en utilisant ici beaucoup de héros Marvel qui sont morts ou n’ont qu’un rôle mineur dans Earth X (ce qui fait qu’on n’est pas à l’abri de les voir disparaître dans les deux numéros qui restent). C’est aussi une occasion de voir certains personnages plutôt bien cernés. En quelques cases, quelques phrases, des héros comme Hercules ou Vision brillent bien plus que ce qu’on a pu vu voir depuis longtemps…

[Xavier Fournier]