[FRENCH] Walking Dead saison 3, troisième semaine. Et cette fois-ci, pourtant, Rick Grimes et son clan ne sont pas de la partie. C’est au contraire au tour d’Andrea et de Michonne de revenir au premier rang, tandis que le spectateur peut enfin faire la connaissance de l’étrange « Governor », chef d’un coin de tranquillité. Un village sans zombies. Ce qui ne veut pas dire que l’horreur n’est pas au rendez-vous…

« I hardly know you »

On ne trouve donc pas le casting habituel de la série au menu de cette semaine. Un choix plutôt risqué puisqu’il ne faut pas oublier que si les spectateurs ont pu apercevoir Michonne (Danai Gurira) dès la fin de la saison 2, son temps de parole a été plutôt limité ces derniers temps. Alors que les lecteurs du comic-book ont tout le temps de la découvrir progressivement lors de son arrivée à la prison, lorsqu’elle rejoint les héros, son rôle ici, bien qu’imposant, a été plutôt secondaire. Elle s’est surtout montré maternelle avec Andrea (Laurie Holden) mais.. n’a guère dit plus de deux ou trois phrases. Il faut donc ici combler le vide. L’actrice est parfaite pour le rôle mais on sent qu’il faut négocier un virage, par faute de ne pas avoir assez montré le personnage dans ces deux derniers épisodes. A un moment les auteurs semblent même officialiser la chose en faisant remarquer à Andrea qu’après huit mois de fuite avec Michonne… Elle ne connaît rien d’elle.

« Ma main à couper… »

Ce que le public non-habitué de la BD retiendra donc peut-être plus facilement, c’est le retour d’un des personnages éclipsés depuis la première saison (sauf occasionnels flashbacks ou illusions). Dans le contexte de la série TV, c’est sans doute un petit coup de théâtre… Mais il aurait sans doute été plus judicieux de ne pas nous le montrer dès le pré-générique. D’accord ce genre de segment a pour but de rafraîchir la mémoire des spectateurs, de leur donner les éléments nécessaires à la compréhension… Mais pour le coup l’effet de surprise passe pour une bonne partie à la trappe.

Cowboy

Mais ce troisième épisode marque aussi l’apparition de David Morrissey dans le rôle du « Governor », personnage marquant de la BD. Seulement pour l’occasion il faut bien dire que la TV s’est, au moins en apparence, éloigné du modèle de Kirkman et Adlard. Là où le Governor du comic-book ressemblait d’emblée à un échappé de la Cour des Miracles, le rôle est écrit ici avec de véritables accents de cow-boy, comme si le Governor était une sorte de John Wayne jeune. Ce qui, rassurez-vous, ne le rend pas pour autant moins malsain. A quel point ? C’est toute la question de l’épisode. Ce gouverneur est bien différent, pour ne pas dire méconnaissable, mais si on y regarde bien je me demande si les scénaristes du feuilleton n’ont pas décidé de couper en deux le Governor du comic pour donner d’une part l’illuminé politique et de l’autre le meurtrier porteur de stigmates (et qu’on retrouve donc après beaucoup de temps).

Contrastes

Après le dernier épisode de la saison 2 (le massacre de la ferme) et ceux de ces deux dernières semaines (la prise d’assaut de la prison), Walking Dead ne donne pas, cette fois-ci, dans un bain de sang de la même intensité. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas des morts, des coups de feu et des scènes horribles mais la tension prend une autre forme. A part une ou deux scènes, le ton est plus rentré, à l’image de la colère intérieure de Michonne. C’est différent, certes, mais le public aura tout le loisir de réaliser que le Governor n’a rien d’un enfant de choeur. D’ailleurs en ce sens, son côté faussement nonchalant, ses intonations à la Johnny Cash, fonctionnent peut-être mieux pour masquer certaines révèlations. Reste à voir maintenant de quelle manière les auteurs vont fusionner les deux intrigues…

[Xavier Fournier]