[FRENCH] Le troisième épisode de Walking Dead, diffusé hier sur AMC, privilégie le côté soap de l’histoire, avec la reconstitution de la famille Grimes et les tensions qui apparaissent (ou se précisent) dans le camp des survivants. Un épisode où la portion de zombies se résume au strict minimum et où les téléspectateurs prendront sans doute plus facilement la mesure du concept de Robert Kirkman.

Soyez les bienvenus dans le camp des vivants ! Rick retrouve un semblant de vie sociale en arrivant dans la communauté qui abrite déjà sa femme et son fils. L’ennui étant, comme les habitués du comic-book le savent bien, qu’entretemps le reste de la famille s’était convaincu de la mort de Rick. Ils l’accueillent à bras ouverts mais ce qui s’est passé dans les semaines récentes reste une sorte de non-dit, de fossé qui se creuse dans le groupe. Cet épisode est sans doute moins spectaculaire que les deux qui ont précédé, dans le sens où cette fois on ne voit pas des hordes de zombies marcher dans les rues. La parole est aux vivants, histoire de montrer à quel point dans le monde de Walking Dead il ne suffit pas d’éviter les morts-vivants pour se sentir à l’abri.

C’est sans doute dans un épisode de ce genre que l’avenir de la série et les « ratings » se décide, quand le gros du public est en mesure de décider s’il ce qu’il veut repose surtout sur les apparitions de zombies ou si le sort de la cellule familiale de Rick est intéressant en lui-même. Globalement j’ai apprécié cet épisode et certaines petites touches (par exemple la scène où Dale parlemente pour le prêt de sa pince-monseigneur). Le scénario me semble efficace même si en gros dès les premières secondes on sait très bien sur quel plan l’épisode va s’arrêter. L’histoire et le casting me semblent très bien, adéquats. Pas totalement identiques à la BD (ce qu’il faut pour que les lecteurs du comic-book trouvent aussi quelques surprises) mais assez fidèle pour que l’esprit soit respecté.

Ce qui reste encore à prouver, par contre, c’est la réalisation. Par endroit il me semble qu’on aurait pu faire mieux (je pense en particulier à la réunion de Rick et Laurie) et ne pas se contenter de poser les événements devant la caméra. Du coup je me demande si le piège pour la production ne serait pas de trop se fixer sur les instants zombiesques et de sous-estimer un peu l’aspect « vie communautaire » du concept. Non pas que le temps d’antenne des Shane, Dale, Laurie et autres passent à la trappe. Mais j’ai l’impression que les effets de réalisations sont surtout gardé pour les passages où l’action reprend le dessus. Ceci dit ce n’est pas, à ce stade, un jugement sur la série dans son ensemble mais en tout cas, pour le premier épisode qui ne montre pas Rick contre une armée de zombies, je mesure ce que le feuilleton a encore à prouver (peut-être la semaine prochaine, allez savoir) pour vraiment se solidifier. Malgré ce flou qu’il conviendra de régler, l’épisode reste cependant intéressant, ce n’est pas la Bérézina… On attend cependant que certaines choses prennent du relief, alors qu’on passe déjà la moitié de cette première mini-saison… J’aime bien mais ce serait bien qu’on soit encore rassuré sur quelques points.

[Xavier Fournier]