[FRENCH] Alors que le tome 8 d’Invincible sort ces jours-ci, revenons sur le dernier opus paru en juin dernier chez Delcourt. C’est la série super-héroïque signée Robert Kirkman, par ailleurs pourvoyeur du carton BD Walking Dead. Les dessins sont assurés par Ryan Ottley qui a déjà oeuvré avec le même scénariste sur Spawn ou encore The Haunt

Pas de repos pour les braves !

Mark Grayson continue à jongler entre « ses vies » bien remplies de super-héros, d’étudiant à l’université et tente toujours de gérer sa relation avec Amber ! Concilier les trois n’est pas chose facile. Les journées lui paraissent décidément bien trop courtes… Dans l’espace, occupé à sauver le monde le matin, à la fac l’après midi, douché et de bonne humeur pour un rencard le soir ? Impossible évidemment ! Invincible ne chôme pas franchement dans ce volume. Il part tout d’abord à la recherche de Rick un camarade disparu en compagnie de son meilleur ami William. Une enquête qui va les mener dans les égouts du campus et les confronter au très remonté D. A. Sinclair. Dans les épisodes suivants Invincible est transporté dans l’espace où il tente de protéger la Terre en compagnie des nouveaux Gardiens du globe. Ils font face à une menace extraterrestre de premier ordre. Les « Kalmars », une espèce de symbiotes sont en route depuis Mars pour exterminer l’humanité !

Pouvoir, responsabilités… et gros ennuis !

Les ingrédients qui participent de la qualité et de l’intérêt de cette série (et, au fond, de toutes bonne série de super-héros) sont au rendez-vous. Qu’il s’agisse des scènes de combat et d’action fluides, des missions à l’issue indécise, de la bonne dose d’humour et de dérision, ou de la dimension soap. Tous ces éléments sont bien présents, mais aussi parfaitement dosés et exploités admirablement. Il est vraiment agréable de suivre la personnalité attachante de Mark qui malgré les difficultés qu’il peut rencontrer quotidiennement, donne toujours le meilleur de lui-même. Les pouvoirs du demi-viltruvien qu’il est paraissent sans limites, sa volonté de faire et de protéger la Terre sans bornes, pourtant à aucun moment il n’apparait lisse ou infaillible. Au contraire, sa vie privée et son cursus universitaire payent cash le prix de sa dévotion et de ses efforts dans sa mission de protecteur. Sa relation avec Amber bas de l’aile et son taux d’absentéisme à l’université crève les plafonds. Dans le même ordre d’idée les caractères des personnages secondaires sont tous très élaborés. Kirkman maitrise l’exercice des larges distributions comme il nous y a habitué en d’autres occasions avec Walking Dead ou (c’est plus vieux déjà) Ultimate X-Men.

Pas si invincible que ça…

Invincible c’est un peu l’entre Superboy et Superman, préparé à la sauce Ultimate Spider-Man dans sa dimension jeune et ultramoderne. Les similitudes entre Mark Grayson avec Clark Kent sont nombreuses mais il n’en est pas pour autant une copie, il connait des difficultés à gérer son identité secrète et sa vie de jeune homme ressemble plus à celle de Peter Parker. Pourtant il ne traverse pas les mêmes tracas, et ne réagit pas nécessairement de la même manière face à l’adversité. Bien que l’issue des confrontations ne soit pas joué d’avance et que ses héros soient confrontés à des menaces sérieuses. La série est unanimement parcourue d’une certaine légèreté et d’une certaine drôlerie dans le ton. Ce qui est particulièrement agréable dans le cadre d’un récit super-héroïque. Avec un scénario au découpage haletant, des dessins et une colorisation très en phase avec le genre la série se maintient à un haut niveau.

[Anne-Sophie Peyret]

« Invincible 7 – Mars attaque ! » par Robert Kirkman (scénario) et Ryan Ottley (dessin), Delcourt, juin 2012, 155 p.