[FRENCH] Annoncé lors de la nomination de Jeph Loeb au pôle télé de Marvel (en 2010), le nouveau dessin animé Ultimate Spider-Man vient enfin d’être diffusé le 1er avril. Mais cela valait-il le coup d’attendre ? Disons qu’après la diffusion des deux premiers épisodes, on n’est pas encore « accroché »…

Ultimate Spider-Man
Diffusé sur Disney XD depuis le 1er avril (aux USA)

L’annulation de la série animée Spectacular Spider-Man avait surpris les fans du Tisseur. Après seulement, deux ans, ce cartoon de très bonne facture était supprimé alors qu’il y avait encore beaucoup à faire. À sa place, Jeph Loeb annonçait fièrement la mise en chantier d’Ultimate Spider-Man, d’après le comic book de Brian M. Bendis et Mark Bagley.

Peter Parker est Spider-Man depuis un an. Le jeune homme tente tant bien que mal d’honorer la mémoire de son Oncle Ben en luttant contre le crime. Malheureusement, notre héros est un peu « gauche » et même s’il arrête les vilains, il y a souvent des dommages collatéraux. Arrive Nick Fury, Directeur du S.H.I.E.L.D. Le super espion de l’univers Marvel lui propose de superviser sa formation. Spidey pourrait être un héros de la trempe de Captain America ou Iron Man. Peter refuse, soutenant qu’il n’a pas besoin d’aide. Il ne veut pas impliquer d’autres personnes dans sa « mission ».

On passe ensuite en revue le petit monde de Parker : sa Tante May, qui n’est pas ici une octogénaire mais bien une quadra pleine d’énergie (tel qu’elle apparaît dans le comic book de Bendis). Elle travaille et subvient aux besoins de la famille, tout en étant une femme active (elle donne des cours de Yoga, prend des cours de cuisine…) Les amis de Peter se comptent sur les doigts de la main : Mary Jane Watson, son amie d’enfance, journaliste en devenir et Harry Osborn, fils de l’industriel Norman Osborn. On retrouve également, Flash Thomson dont Pete est le souffre douleur et J. Jonah Jameson dont cette fois Spidey est la bête noire…

Un affrontement avec les Frightful Four (Wizard, Thundra, Klaw et Trapster) vient remettre en question la décision de Spider-Man. Il rejoint finalement le S.H.I.E.L.D. où il va rencontrer de nouveaux héros : Iron Fist, Power Man, White Tiger et Nova.

Le ton de la série est clairement humoristique. Après tout, Spider-Man est un personnage qui blague sans arrêt dans les comics. Paul Dini, scénariste du projet, l’a bien compris. L’auteur se détache ici de ses anciens projets, plus « matures » tel que Batman Animated (dans les années 90). Le héros s’adresse directement aux spectateurs, un peu à la manière de Zack dans Sauvé par le gong (pour les plus anciens…) Ce procédé permet d’expliquer rapidement certaines situations, tout en créant un rapport particulier entre le Tisseur et son public.

Mais ce nouveau cartoon présente quelques défauts. Tout d’abord, les designs des personnages ne sont pas tous égaux. Si Spidey, ainsi que les autres super-héros et vilains sont fidèles aux comics, on adhère moins aux designs des personnages humains. Seuls Fury et Coulson se démarquent.

L’autre point négatif est la surdose d’effets visuels tels que les noms des personnages qui surgissent de l’écran lors de leur première apparition, les gags visuels semblables à ceux du dessin animé Teen Titans (on a le droit à un mini Spidey pour renforcer l’humour de temps en temps). À la longue, ça lasse et surtout ça coupe trop souvent l’action.

Bref, un énième dessin animé de Spider-Man, qui s’inscrit dans sa propre continuité, visant clairement le jeune public. Les fans les plus fidèles (pour ne pas dire âgés) s’amuseront aussi, mais il va falloir que Dini et Loeb musclent le scénario pour les captiver.

[Pierre Bisson]