La plupart des Green Lanterns mais aussi des lanternes jaunes sont désormais captifs de Brainiac et donc, forcément, miniaturisés dans une cité sous globe. Pendant ce temps, dans une autre partie de l’univers, la résurrection d’Hal Jordan progresse, mais le plus intéressant est peut-être les personnages qu’il croise de l’autre côté…

Hal Jordan And The Green Lantern Corps #10 [DC Comics]
Scénario de Robert Venditti
Dessins d’Ed Benes
Parution aux USA le mercredi 14 décembre 2016

L’arrivée de Brainiac dans les pages de Hal Jordan And The Green Lantern Corps était plutôt bien vue ces dernières semaines, puisqu’elle replaçait le Corps dans une mythologie cosmique qui n’était pas exclusivement définie par la « guerre entre les couleurs ». Pour autant qu’il y ait beaucoup de bon qui soit venu des retombées de Sinestro War, il y a déjà bien des années, depuis les aventures de l’armée verte sont un peu trop souvent porteur d’anneau contre porteur d’anneau. Mais, dans ce numéro, l’apport de la présence de Brainiac fond comme neige au soleil à mesure qu’on avance dans l’épisode, pour révéler une intrigue qui… est à nouveau liée à la guerre des couleurs. La confrontation avec Brainiac n’a pas vraiment lieu, malgré ce que pourraient laisser penser les premières pages, au bénéfice d’un autre danger. Côté positif, Robert Venditti se débrouille quand même pour brasser beaucoup de Lanterns, classiques et récents, beaucoup de monde ayant des choses à faire ou à dire. Pour l’autre versant de la série, Hal Jordan lui-même, au bout de 10 numéros n’est toujours pas réuni avec le Corps. Pire : il est mort, réduit à sa plus simple expression. Mais la série étant titrée comme elle l’est, le suspens n’est pas énorme en ce qui concerne son avenir. Tout comme le personnage qui tente de le tirer de son embarras. Quand vous avez un Green Lantern mort, quoi de mieux pour le ramener à la vie qu’un White Lantern ?

« Hello to you, too, Robo-Poozer. »

Le plus complexe et intéressant est donc ce que fait Hal tant qu’il est de l’autre côté, dans une sorte de paradis/purgatoire des Green Lanterns qui est, forcément, l’occasion de rencontrer un grand nombre de héros disparus. Il y a cependant des choses que Venditti n’explique pas ou ne gère pas. Principalement cet au-delà n’est pas du tout raccord avec celui déjà visité par Hal (et avec une partie des mêmes Lanterns disparus) sur la fin du run de Johns, à l’intérieur de l’anneau noir. Globalement, tout cela a aussi pour but de mettre en marche le retour d’une autre couleur, Venditti étant visiblement dans une logique de réinstauration de la mythologie, après l’avoir réduite dans un premier temps, dans sa première année d’écriture de Green Lantern. A partir d’un moment, cependant, la question demeure. En tirant sur le fil pour ramener Hal, est-ce que le surpuissant White Lantern ne pourrait pas ramener, par « accident », un ou deux autres lanterns de « là-bas » (ceux qui ont lu le final de Blackest Night savent que c’est possible) ? Et au final on a l’impression que, tout en donnant un épisode de bonne facture, le scénariste ne va pas au fond des choses, n’en profite pas pour changer la donne et ne fait que remettre dans l’ordre des choses qu’il a déplacé lui-même il y a quelques épisodes. Pour ce qui est du dessinateur Ed Benes, il a gagné de longue date sa place dans les pages de Green Lantern. Mais ce ne sont pas les pages les plus inspirées qu’on ait pu lire de lui. Un épisode donc pas mauvais, mais avec assez peu de surprises. Ou disons que les surprises (comme la scène finale) nous donnent surtout l’impression de faire un pas en arrière.

[Xavier Fournier]