Comic Box Virgin #44 – X-Files[FRENCH] Adorno considérait la répétition une pulsion psychotique et enfantine. En psychanalyse, l’individu est censé sortir des schémas répétitifs, manifester un apprentissage, utilisant sa mémoire, pour évoluer dans son comportement et ne pas recourir toujours aux mêmes réponses, surtout si celles-ci l’ont par le passé fait souffrir.  De mon côté, je me fais toujours des illusions. J’essaye de me justifier en jouant sur la subtilité des mots : par exemple, en musique une répétition est une séance de travail pour perfectionner l’exécution d’une pièce. Alors je m’autorise à regarder la saison 5 de X-Files, allant jusqu’au deux-centième épisode (saison 7). Que voulez-vous que je vous dise ? I want to believe !

X-FilesJ’en étais restée à cette période faste où Gillian Anderson gagnait des Emmy Award… Surfant sur la vague de la nostalgie, je suis allée voir le deuxième film. Mon estomac en souffre encore. J’avais donc besoin de retrouver ces moments de pureté où Scully essayait d’opposer une logique scientifique à la théorie du complot de Mulder, où le trio d’improbables experts avec des coupes de cheveux aussi improbables découvrait une vérité impossible, quand Skinner jouait le quadruple jeu bien que restant un brave gars prenant soin de ses agents… Surtout, surtout, j’avais besoin de retrouver Scully avec les cheveux courts.

D’où ma lecture de ce The X-Files. Une publication Wildstorm, dont Fusion Comics reprend dans ce premier volume 2 histoires (sur 8), ne rajoutant rien à la série, ni aux personnages, mais au moins un travail solide et honnête, qui revient suffisamment aux sources pour qu’on se fasse plaisir avec quelques bonnes vieilles ficelles. Winnicot n’avait pas parlé d’un plaisir de la répétition, notamment dans les lectures sériales… ?

L’éditeur américain Topps avait déjà publié mensuellement, de 1995 à 1998, des fascicules X-Files écrits par au moins 4 différents scénaristes, et dessinés par le Charlie Adlard de Walking Dead. Aujourd’hui, c’est Brian Denham qui s’y colle ; les deux premières histoires sont signées respectivement Spotnitz et Wolfman.

La vérité est ailleurs, les chefs d’œuvre aussi… mais bon, le deuxième film était pire !

[Camilla Patruno]