[FRENCH] Cable n’en fini pas de fuir à travers l’espace-temps, tentant de semer le poursuivant qui est bien décidé à assassiner sa fille adoptive. Ce numéro spécial repose finalement plus sur l’ennemi et ses techniques de traque temporelle. Ce qui nuit à la série Cable se retrouve dans ce King-Size Spectacular: une opposition monomaniaque entre deux antagonistes, sans apport réel de personnages extérieurs à l’histoire. On reste sur notre faim.
Scénario de Duane Swierczynski
Dessin de Ken Lashley
Sortie américaine le 10 septembre 2008

Bishop est toujours à chasser Cable et sa protégée tandis que ce tandem, trahi par la technique, est obligé d’avancer dans le temps dans une seule direction : le futur. En lui-même ce numéro spécial n’est ni meilleur ni pire que ceux qui ont précédé (encore que personnellement je préfère le graphisme d’Ariel Olivetti – dessinateur du mensuel Cable – plutôt que celui de Ken Lashley). Il véhicule seulement les mêmes défauts structurels de la série habituelle, à savoir le fait que tout est construit sur une seule storyline (Bishop contre Cable) et que les autres personnages (à l’exception de la petite fille) apportent peu de choses à l’ensemble. Il y a peu ou pas de « diversion », pas grand chose qui vienne renouveler l’histoire si on trouve que Bishop tourne en rond. C’est un peu comme si Amazing Spider-Man ne reposait que sur un seul arc (disons Spidey contre Kraven) et qu’une intrigue tierce ne montre le bout de son nez. Cable en tant que série n’est pas foncièrement mauvais mais l’intérêt se renouvèle peu, en particulier parce que tous les futurs traversés par les trois mutants se ressemblent. Que ce soit en 2043 puis un ou deux siècles plus tard, c’est toujours la même vision de retour à la barbarie et au chaos digne d’un Mad Max mâtiné de cyberpunk.

Surtout, le problème qu’a Duane Swierczynski concernant Bishop est de peu ou pas gérer la complexité des voyages dans le temps. Si Bishop trouve Cable à un endroit donné de l’espace-temps, qu’est-ce qui l’empêche de revenir en arrière de quelques minutes ou quelques heures pour piéger sa proie ? Et inversement les gens qui cherchent à coincer Bishop à travers le temps ont, eux, l’air d’en savoir bien plus qu’ils ne le devraient. Comment expliquer, par exemple, qu’un(e) allié(e) de Cable du début du XXI° siècle ait lancé des fausses pistes à l’attention de Bishop ? Comment comprendre qu’il/elle aurait les ressources pour ce genre d’entreprise sans technologie pour voyager vers le futur. Cerise sur le gâteau : les notes de l’allié(e) font état de cadavres et d’incidents au XXII° siècle, donc en toute logique un bon moment après sa mort. Il y a là des incohérences qui devraient étonner Bishop et puisque ce n’est pas le cas, jusqu’à preuve du contraire nous voici obligés de penser que le scénariste s’est un peu égaré. On conclura donc d’un « pas vraiment mauvais mais devrait pouvoir faire bien mieux ».

[Xavier Fournier]