Zombie Tales #9[FRENCH] Dans le tout premier Zombie Tales mensuel, il y avait une histoire qui se distinguait du lot. En 2061, les humains étaient une minorité résistante dans une société de consommation réinventée par les zombies. Malheureusement ce récit avait un défaut, ce n’était qu’une histoire sans suite. Et bien apparemment Boom ! a reçu de bons échos puisque le monde inventé par Kim Krizan revient dans ce neuvième numéro et s’installe au moins sur le moyen terme.

Zombie Tales #9 [Boom !] Scénario de John R. Fultz, Kim Krizan, Tom Peyer
Dessin d’Aritz Eiguren, Jon Reed, Drew Rausch
Sortie américaine le 31 décembre 2008

Zombie Tales #9« The last hit » (écrit par John R. Fultz et dessiné par d’Aritz Eiguren) raconte les mésaventures de deux exécuteurs de la pègre chargés de se débarrasser d’une « balance ». Problème : que faire quand l’homme qu’on est supposé éliminer se zombifie et qu’il devient donc en un sens invulnérable ? La question avait du potentiel (dans le registre de la comédie). Et même, si l’idée avait été projetée dans un contexte post-apocalyptique, elle aurait pu déboucher sur une vraie trouvaille, à savoir comment le crime organisé pourrait-il fonctionner dans un contexte où toute personne assassinée revient grossir les rangs des ennemis potentiels ? Au lieu de ça, John R. Fultz se concentre de manière un peu trop conventionnelle sur l’un des deux porte-flingues et la chute arrive de manière un peu trop précipitée pour être totalement efficace. Volontairement ou pas, cela m’a rappelé un peu une des scènes du film « les Affranchis », où les gangsters peine à achever leur victime… L’idée vaudrait sans doute d’être revisitée mais là l’exécution est un « peu courte »…

« Summer 2061 » (scénario de Kim Krizan et dessins de Jon Reed) est d’un autre calibre puisque, comme je l’écrivais il y a quelques lignes, c’est la suite directe d’une histoire parue il y a quelques mois dans Zombie Tales. Du coup la scénariste n’a pas de temps à perdre avec les « présentations ». Pour ceux qui auraient manqué le début, un bref rappel : en 2061, les zombies ont conquis le monde. Ils ont leurs propres supermarchés (où l’on achète de la viande humaine), leurs propres cités, leurs propres SPA (où les enfants zombies peuvent adopter de petits humains, traités comme des animaux) et l’humanité libre, elle, a du se résoudre à vivre cachée sous terre, dans des cavernes. La première histoire s’achevait alors que les résistants finissaient par apprendre à ne plus vivre cachés, espérant un jour reconquérir le monde. Ici, on les retrouve infiltrant à nouveau « New Zombie City ». Ou tout au moins ceux d’entre eux qui ont continué d’avance (une autre partie, terrifiée, préférant retourner dans la relative sécurité des cavernes). Les humains restants s’introduisent donc à nouveau dans « NZC » dans l’idée de libérer leurs semblables mais il semble qu’à chaque nouveau libéré un dilemme se pose entre la sécurité de la cage et le saut dans l’inconnu que représente l’extérieur. Vers la fin de ce chapitre, la situation mène cependant vers l’escalade et un affrontement global entre les deux forces. On retrouvera apparemment l’an 2061 dans un prochain numéro… Personnellement j’aime bien que Zombie Tales renoue avec le principe d’au moins une histoire à suivre par numéro. Et que le choix se porte sur « 2061 » n’est pas non plus pour me déplaire car, déjà à l’époque de la parution de la première histoire, j’avais regretté qu’on ne retrouve pas la suite. Voici ces deux lacunes réglées d’un coup. Maintenant à voir si les chapitres ultérieurs continueront de tenir leurs promesses.

En fin de numéro, on retrouve Tom Peyer (Hourman , Flash…) aux manettes de « Zombie, Come Home », une histoire de mort-vivant égaré mise en image par Drew Rausch. Le postulat de départ de Peyer (un enfant recueille un zombie et s’en sert un peu comme un animal de compagnie) ainsi que le dessin un peu « lunaire » de Rausch évoquent un peu les ambiances d’un Tim Burton à l’époque de ses débuts, quand il réalisait des courts-métrages façon Frankenweenie. Si ce n’est que Burton n’aurait sans doute pas opté pour cette fin qui tombe de manière soudaine (mais pas de manière désagréable, jouant sur l’effet de surprise). L’important c’est la chute dans ce genre d’histoire et il est intéressant de comparer cette troisième histoire avec celle qui ouvre le numéro. Toutes deux ont une conclusion qui tombe comme un couperet mais dans ce dernier cas, la manière dont c’est amené est plus efficace. C’est une « vignette » qui ne prétend à rien d’autre et une fois encore le graphisme de Rausch est très approprié. Globalement ce n’est sans doute pas le numéro le plus original de Zombie Tales que nous ayons lu mais la lecture reste intéressante….

[Xavier Fournier]