Avant-Première VO : Swordsmith: Assassin #1[FRENCH] A la fin du 19ème siècle, Toshiro Ono est devenu le forgeur d’épée le plus réputé du Japon. Autrement dit un fabriquant d’armes. Il les créé sans se poser de question. Pour lui le sang est sur les mains de celui qui utilise l’épée, pas sur celles de son créateur. Mais un jour la vie d’Ono va basculer et il va se retrouver au rang des victimes. Commence alors une quête pour retirer de la circulation toutes les épées qu’il a pu forger…

Swordsmith: Assassin #1 [Boom!] Scénario de Andrew Cosby & Michael Alan Nelson
Dessins de Ayhan Hayrula
Sortie américaine: Août 2009

Avant-Première VO : Swordsmith: Assassin #1Ils ont tué sa famille et il est décidé à les venger… Cette phrase pourrait débuter bien des comic-books mais dans Swordsmith: Assassin elle démarre au contraire un récit à l’ambiance plus moins classique qu’on pourrait le croire. Après le meurtre de ses proches, un artisan japonais se lance à la recherche de toutes les armes qu’il a créé dans sa vie et sa quête l’entraine à travers le monde. Boom! nous a habitué à des séries au parfum de pitch cinématographique mais il est clair qu’ici plus encore on imagine tout à fait le blockbuster que cette histoire pourrait donner. A plus forte raison parce que – même si je ne suis pas très fan des visages du dessinateur – Ayhan Hayrula s’y entend pour représenter une ambiance bien particulière. Avec lui, un certain climat s’instaure… La facilité aurait été de partir dans un style « mangaïsé » puisque le protagoniste principal est japonais mais Hayrula évite ce piège, tout comme les scénaristes ne partent pas sur les chemins du Fantastique (non, les lames ne sont pas liées à un ancien démon. Non, aucun fantôme de victime ne vient hanter l’armurier…).

Si nous devions parler en seuls termes de comics, je vous dirais que Swordsmith: Assassin est un peu le Armor Wars d’Iron Man appliqué au Japon ancien. Mais parler en « seuls termes de comics » ce serait considérablement limiter le champ de ce récit, bien plus subtil qu’il n’y parait. Toshiro Ono est le descendant d’une famille de fabricants d’épées où on a appris à gérer les choses avec honneur. Lui ne voit pas la situation du même œil, en disant à son père que le monde change. Et Andrew Cosby & Michael Alan Nelson prennent le soin de le montrer en Prusse, en 1870. Autrement dit le héros est un peu dans l’antichambre des grands conflits du vingtième siècle et sa culpabilité sur les armes qu’il a créé tient un peu de la parabole. Toshiro Ono, c’est un peu Nobel ou Oppenheimer. En tout cas il se retrouve avec un problème moral similaire. Au delà, on ne peut guère s’aventurer à deviner ce que sera le reste de la série mais ce premier épisode est un bon début, à la fois original et captivant, qui nous change des genres habituels de la BD américaine sans pour autant rejeter ses racines.

[Xavier Fournier]