[FRENCH] Pour ce sixième numéro, Boom! Studios réunit trois histoires courtes qui s’intéressent plus à la société en périphérie des zombies (comment les humains réagissent à leur présence) qu’aux morts vivants eux-mêmes. Mais le contrat est tout à fait respecté. Il y a du sang, des morts et la satire sociale qu’on est en droit d’attendre d’une telle anthologie. Les histoires utilisent des ambiances différentes et des graphismes assez inventifs. De quoi se dire « Let’s Rock n’ Roll »!

Zombie Tales #6 [Boom!]
Scénario de: Ian Brill, Monte Cook, Pierluigi Cothran
Dessins de: Jeremy Rock, Todd Herman, Toby Cypress
Sortie américaine mercredi 22 octobre 2008

Avec une couverture comme celle de ce mois-ci (un rocker y donne un concert à des zombies), il est presque logique que la première histoire soit dessinée par un certain Jeremy Rock. Mais ce n’est pourtant pas lui qui illustre le segment du concert. Le récit de Cook & Rock est au contraire quelque chose de plus intimiste : une discussion entre un sniper de l’armée (spécialisé dans l’abattage de zombies) et le pilote d’hélicoptère qui l’accompagne. Et pendant que le premier tire les zombies comme des lapins les deux hommes commencent à discuter de leur regard sur la société. Le moins qu’on puisse dire c’est que leurs points de vue sont différents et que cela ne se terminera pas bien pour tout le monde. L’histoire est efficace sans forcément une débauche de spectaculaire.

Le second segment se distingue d’emblée par les dessins de Toby Cyprès (très originaux pour ce qu’on attend d’habitude de la scène américaine) qui tire plus, dans l’esprit, vers des magazines comme Métal Hurlant. Ian Brill écrit l’histoire d’une mère célibataire poursuivie par les assiduités d’un caïd de la pègre. Elle est alors obligée d’engager un gangster pour négocier et si dans un premier temps ca n’a aucun rapport avec les zombies, ne vous inquiétez pas, ca vient par la suite. Techniquement cependant ca reste une histoire de gangsters dans laquelle le zombie n’est qu’un élément. N’empêche que Toby Cypress nous dynamise tout ça d’une belle manière.

Enfin viens la dernière histoire. Celle qui justifie la couverture : un concert donné dans une ville infestée de zombies… Pour ceux qui sont morts pour le rock. Des trois dessinateurs présentés Todd Herman est sans doute le moins spectaculaire du lot mais d’un autre côté son style va très bien pour décrire la démarche d’une bande de rockeurs qui, malgré le virus zombie, font leur possible pour rester fidèle à leur esprit. Le scénario de Pierluigi Cothran ne réserve pas de surprise monumentale à la fin mais il s’appuie sur un fondement assez logique : les rapports entre le rock et un certain univers graphique (ceux qui ont déjà vu une pochette de disque d’Iron Maiden comprendront).

Globalement Zombie Tales #6 est l’un des meilleurs numéros de la série à ce jour et l’avantage du format anthologie c’est que vous n’avez pas besoin d’avoir lu les cinq premiers numéros… C’est donc un bon numéro pour s’intéresser à la série si vous n’avez pas encore essayé…

[Xavier Fournier]