[FRENCH] Ce mardi 21 septembre se tenait, au centre Pompidou, la traditionnelle conférence de presse annonciatrice du prochain festival d’Angoulême. Une occasion de lever le voile sur la programmation des 4 jours, bien sûr, mais aussi de découvrir la sélection de 56 albums au sein desquels le jury, présidé par Philippe Dupuy & Charles Berbérian, choisira le lauréat de l’année. L’ensemble s’inscrit dans la continuité des années précédentes : expos, concerts BD, matches d’improvisation, auteurs plus ou moins connus dans la sélection et une belle brochette de comics indés !

Huit, pour être précis. Huit albums et quelques auteurs officiellement invités par le Festival d’Angoulême, et ce sera tout. Bon, c’est confirmé : ce n’est pas encore cette année que Marvel et DC auront le droit à une quelconque mise en avant au sein du FIBD. Ce qui, entendons-nous bien, n’est pas une invitation à bouder cette édition 2009 qui s’annonce intéressante (je pense notamment aux expositions autour de l’influence du « Garage Hermétique » et  du « Major Fatal », deux albums essentiels de Moebius, qu’il serait idiot d’enfermer dans une case culturelle quelconque, au vu de leur retentissement mondial). Simplement, sachez que si vous comptiez venir pour les seuls comics mainstream, il vaudrait mieux rester chez vous.

En revanche, si vous êtes branchés « comix » (comprenez : « indés »), vous allez être gâtés : les rencontres internationales vous permettront de voir débattre nombre des piliers du genre : Adrian Tomine, James Kochalka, Chris Ware, Dan Clowes, Posie Simmonds ou encore Melinda Gebbie. Certains d’entre eux sont des habitués du FIBD, ce qui n’enlève rien au fait qu’il est toujours appréciable de voir rassemblés autant d’auteurs d’une telle stature. Cerise sur le gâteau, qui réconciliera amateurs de comics indies comme mainstream : Bernie Wrightson sera également de la partie. Très belle affiche, donc !

Ces mêmes auteurs indépendants ont également eu les faveurs du jury préliminaire. Ainsi, les rééditions que sont « Breakdowns » de Art Spiegelman et « La Rivière Empoisonnée » (un album de la fabuleuse série « Love and Rockets », de Gilbert Hernandez) concourent pour le prix du patrimoine. Du côté de la sélection officielle, on retrouve 6 albums : « American Elf » de James Kochalka, « Bottomless Belly Button », de Dash Shaw, « Filles perdues» d’Alan Moore et Melinda Gebbie, « Loin d’être parfait » d’Adrian Tomine, « Tamara Drewe » de Posey Simmonds et – last but not least – « Wanted » de Mark Millar et J.G.Jones. La présence de ce dernier est assez éloquente : pour infiltrer la sélection avec du super-héros, il faut au moins être parodique, et un peu punk dans l’approche. Mais rendons à Cesar ce qui est à Cesar : s’il ne sait toujours pas par quel bout prendre le mainstream, le FIBD est définitivement devenu la fenêtre ouverte qu’il aspire à être sur l’underground américain.

[Antoine Maurel]

P.S : A l’heure où nous écrivons ces lignes, le planning précis des différentes manifestations n’est pas encore connu. Nous vous invitons donc à vous rendre régulièrement sur www.bdangouleme.com pour plus de détails.