[FRENCH] Disons-le d’office, cette rencontre entre les X-Men et Spider-Man est tout simplement l’un des comics les plus rafraichissants de la livraison Marvel de la semaine à venir. Christos Gage s’appuie en effet sur les différences des personnages selon les époques (ca c »était le pitch de départ) mais surtout leur est fidèle et arrive, à travers la formule, à dresser une histoire globale sur la durée qui implique Kraven, Mister Sinister et le mot maudit: clones!

X-Men/Spider-Man #2 [Marvel] Scénario de: Christos N. Gage
Dessins de: Mario Alberti
Sortie américaine mercredi prochain (10 Décembre 2008)

Dans les années 80, tandis qu’IAM dansait le Mia et ne faisait pas de disques, Spider-Man se promenait encore en costume noir et les X-Men se remettaient encore douloureusement du premier gros crossover mutant (Mutant Massacre) sans se douter qu’un autre (Fall of the Mutants) leur tomberait bientôt sur la figure. Storm avait perdu ses pouvoirs, elle avait une crête punk. Colossus, Nightcrawler et Shadowcat avaient été expédiés à l’infirmerie de Muir Island et l’équipe tentait de faire face aux attaques des Marauders sans savoir exactement qui était le mystérieux Mister Sinister. D’abord et avant tout, saluons le travail du dessinateur Mario Alberti sur cet épisode puisqu’il arrive vraiment à recréer une ambiance. Cette période des X-Men, c’était l’époque où Barry Windsor-Smith dessinait occasionnellement des épisodes et, si le style d’Alberti n’est pas celui de BWS, ses finitions y ressemblent étrangement. Du coup l’épisode est quelque chose qu’on pourrait glisser à la fin d’un recueil des X-Men de cette ère sans que cela choque. C’est un atout majeur, qui arrive à retrouver le ton sans être passéiste ou nostalgique.

Mais si le dessin est beau, le scénario de Gage est loin d’être faible. Au contraire. Le scénariste construit une histoire qui trouve ses fondations à la fois ses fondations dans s’est passé dans le premier épisode (Spider-Man et les X-Men originaux y affrontaient Kraven) mais aussi dans ce que vivaient à l’instant T les personnages. Son propos utilise ainsi de manière très organique les retombées de l’arc mythique « Kraven’s Last Hunt » mais propose dans le même temps une sorte de match revanche avec les Marauders. Deux bémols (minimes): D’une part, sauf erreur de ma part, Dazzler a rejoint les X-Men après l’arrivée de Psylocke, qu’on ne voit ici nulle part. Autre absent (plus important): A l’époque Magneto collaborait avec les X-Men et si on peut s’imaginer qu’il est sans doute « off panel » en train de donner un cours aux New Mutants, la réaction de Spider-Man à sa présence aurait été un plus. Mais peu importe car ce qu’on nous livre-là est déjà beau à regarder et efficace en terme d’histoire. Gage a trouvé la chose qui réunit les univers de Spider-Man et des X-Men: la notion de clone. Et là où certains s’y casseraient le nez, Gage trouve le juste ton (comme pour l’évocation de Kraven’s Last Hunt).

D’habitude je suis assez méfiant de ces miniséries en forme de team-up auto-contenus, qui jouent sur « l’affiche » mais racontent finalement assez peu de choses. Là, on est visiblement dans un registre très différent. En fait il y a quelque chose, dans l’esprit, qui se rapproche de ce que fut la minisérie Illuminati. Gage raconte quelque chose sur la durée et révèle au passage des scènes secrètes, avec peut-être à la clé des révélations sur le sort exact de certaines personnes. La dernière page a d’ailleurs l’air lourde de sous-entendus à cet égard. La formule est efficace et si Gage arrive à tenir le cap jusqu’à la conclusion de cette mini, je ne peux qu’espérer qu’il l’adaptera à d’autres « team-up » du même tonneau (peut-être avec les Avengers ?). En tout cas le contrat est ici largement respecté !

[Xavier Fournier]