[FRENCH] Limier exemplaire du FBI, Alex O’Roark était à la poursuite d’un tueur en série qui l’a blessé. Problème: quand le tueur en question s’avère être un loup-garou et que sa malédiction se transfère à ses victimes, le flic de haut vol devient à son tour une bête féroce tout en peinant à croire à ce qui lui arrive…

Tracker #2 [Top Cow & Heroes and Villains Entertainment]

Scénario de Jonathan Lincoln
Dessin de Francis Tsai
Sortie aux USA le mercredi 23 décembre 2010

Nous en parlions la dernière fois, l’effet de surprise du premier numéro avait été en quelque sorte gâché par le fait qu’un précédent numéro zéro contenait déjà une partie des planches, permettant au lecteur d’anticiper l’intrigue. Tracker #2, c’est donc en quelque sorte le premier numéro où on avance en terre inconnu dans cette série, avec une plus grande place accordée à Tucker, le mystérieux allié d’O’Roark (allié qui me rappelle un peu les Observateurs de Buffy). Il n’est pas évident de se lancer dans les histoires de loup-garous en prétendant moderniser le genre, tant c’est une ficelle que des scénaristes (que ce soit au cinéma ou dans les comics) ont déjà bien arpenté ces dernières années. Plus largement, c’est la trame même de Tracker qui est finalement assez codifiée. Alex O’Roark pourrait aussi bien se transformer en vampire ou en cyborg que les étapes de sa métamorphose, de son acceptation, ne seraient guère différentes (en un sens ce qui lui arrive rappelle d’ailleurs les mésaventures des protagonistes d’une autre série de Top Cow, Berserker).

Ici, le principal obstacle que rencontre l’équipe créative est de nous « vendre » le doute du héros. D’un côté O’Roark rigole ouvertement des histoires de loup-garous que lui raconte Tucker, les trouvant invraisemblables. Quelques pages plus loin, il se remémore ses transformations ou celles de son adversaire et… se dit qu’il reste à voir comment tout ça s’intègre dans les théories de Tucker. En clair le héros doute quand quelqu’un lui en parle mais dans le même temps il constate les faits et on a par moment l’impression que les deux hémisphères de son cerveau ne communiquent guère… Un flottement à la tonalité un peu « télévisuelle » (on l’impression de tomber sur les traces d’une formule scénaristique de type « Fringe ») mais dans le même temps il ne faudrait pas balancer « le bébé du bain ». O’Roark reste potentiellement intéressant, il faudrait cependant qu’il s’éloigne assez vite des clichés convenus dans les épisodes à venir de la série. Sachant que dans ce deuxième numéro l’identité du suspect donne lieu à quelques rebondissements, il est tout à fait possible que Jonathan Lincoln ménage une formule pour mieux nous surprendre par la suite. Les prochains numéros nous le diront plus explicitement…

[Xavier Fournier]