Avant-Première VO: Review Spider-Man #5[FRENCH] Black Cat déteste Spider-Man mais a toujours été freinée par le fait qu’elle l’aime. Mais voici qu’il y a un autre Spider-Man dans les parages, qui représente donc ce qu’elle déteste sans pour autant que cette fois l’affect la limite. Miles Morales est le prisonnier d’une Black Cat qui ne fait pas de cadeau. Défaite et peut-être révélation publique de son identité secrète, Spider-Man est dans de sales draps. Et c’est sans parler du plan de sa grand-mère.

Spider-Man #5Spider-Man #5 [Marvel Comics]
Scénario de Brian Michael Bendis
Dessins de Sara Pichelli
Parution aux USA le mercredi 29 juin 2016

Depuis quelques mois, Bendis est fort logiquement lancé dans l’acclimatation de Miles Morales dans l’univers normal de Marvel. Si certaines questions liées au passé du héros restent éludées, le scénariste s’emploie donc à tisser des relations, positives ou pas, avec le reste du monde Marvel (et pour une bonne mesure avec des personnages qu’il a déjà utilisés). D’ailleurs tout n’est pas forcément organique dans l’approche et la manière d’injecter Goldball dans la série fait quand même largement forcé (surtout qu’en théorie les mutants ne sont plus supposés mener une vie tranquille dans l’atmosphère terrestre et que leur popularité, si l’on en croit les autres séries, est au plus bas). Mais passé cette réserve, il y a une volonté manifeste de se constituer un « coin », qui dépasse ce que Bendis faisait quand les All-New X-Men allaient visiter l’univers Ultimate par exemple. Cette fois l’auteur réuni ses pions, en particulier le personnage dont la présence est provoquée par l’intervention de la grand-mère, sorte de version parano et castratrice de Tante May. A un moment, ce que Bendis fait actuellement sur Spider-Man devient une sorte de point culminant de sa présence chez Marvel (il ne manque guère que Daredevil au cocktail).

« We’re taking out our Spider-Man frustation on the new one. It makes sense. »

Au final, l’épisode, joliment mis en images par Sara Pichelli, est un bon résumé de la fonction de la série depuis Secret Wars. A savoir : jouer sur le ressort d’un Spider-Man neuf, qui découvre le reste de l’univers Marvel avec un nouveau regard (ce que faisait Nova/Sam Alexander dans les tous premiers numéros avant de se perdre un peu dans des quêtes dans l’espace) et inversement, on le voit ici, observer le regard que les protagonistes classiques portent sur lui. En clair, des personnages comme Black Cat ou Hammerhead sont habitués à combattre l’autre Spider-Man et ne sont pas forcément prêts aux réactions et aux aptitudes de celui-ci. Ce qui veut dire que la règle du jeu n »est pas la même, qu’ils n’ont pas le « respect » qu’ils pouvaient avoir pour l’originel et qu’ils peuvent tenter d’autres choses… comme prendre les empreintes digitales du jeune héros. Cela permet d’éviter l’effet « déjà vu », ce n’est pas simplement la cinquantième confrontation entre Parker et Black Cat. Et la dernière page nous promet d’autres liens à venir. Plutôt un bon épisode, qui démontre l’avantage d’avoir un « newbie » (même s’il ne l’est plus vraiment, il le reste au moins dans ce monde) sous ce masque.

[Xavier Fournier]