[FRENCH] Blackest Night, c’est déjà de l’histoire ancienne pour les Outsiders qui se tournent vers d’autres choses à travers l’arrivée d’une nouvelle équipe créative formé par Dan Didio et Philip Tan. Du coup le groupe revient un peu vers sa phase « pro-active » du volume différent tout en recrutant également un nouveau membre. Avec un « S » sur la poitrine…

Outsiders #26 [DC Comics] Scénario de Dan Didio
Dessin de Philip Tan et de Don Kramer
Sortie aux USA le mercredi 20 janvier 2010

Nombreux sont ceux qui peinent à faire la distinction entre la figure publique d’un éditeur-en-chef et sa production artistique ou scénaristique. Le plus souvent le réflexe est de verbalement viser l’homme qui, par ailleurs, a décidé d’arrêter telle ou telle série plutôt que de réellement s’intéresser à l’histoire publiée. En préambule de cette chronique il n’est donc sans doute pas inutile de préciser que je fais le distinguo et que par ailleurs, de toute manière, si l’éditeur Didio a quelques casseroles, il a aussi certaines belles choses à son actif. Rien, donc, ne m’engage à avoir un préjugé sur les débuts du même Dan Didio sur les scénarios des Outsiders. Enfin si : Soyons honnêtes, il faut passer derrière Peter Tomasi qui a su synthétiser un sens que la série n’avait pas vu depuis des lustres. Les adversaires n’étaient pas forcément tous mémorables (je pense à ses « Insiders » par exemple) mais au moins le groupe avait retrouvé de la cohésion, de l’efficacité et de la camaraderie.

Avec Outsiders #26, cependant, les certitudes récentes doivent être revues. Didio fait le choix de reprendre le Geo Force un peu taré, lunatique, angle que Brad Meltzer avait amorcé dans ses JLA (puis dans un one-shot publié au moment de Final Crisis). Et en un sens pourquoi pas, puisque ce choix à l’avantage de s’appuyer sur des épisodes passés. Le souci est qu’à partir de là l’état d’esprit disons un brin totalitaire de Geo Force se diffuse dans une partie de ses co-équipiers qui deviennent du coup pratiquement méconnaissables (en termes de personnalité) d’un épisode à l’autre. Un bon nombre de réactions semblent aussi artificielles que précipitées. Un bon exemple de ce syndrome est une scène de discussion dans un bar où deux Outsiders passe du stade « puisque nous sommes équipiers faisons plus ample connaissance » à « non mais en fait j’ai jamais pu te voir et je me barre en te laissant la note » en l’espace de quelques cases sans qu’on ait réellement compris pourquoi la pression monte si soudainement. Philip Tan, lui, livre un travail assez curieux, avec de jolis effets, mais à travers lesquels on sent qu’il cherche encore certains personnages (ceci dit pour le premier épisode d’un run, ça peut se comprendre). Reste donc la révélation du mystérieux personnage pourvu d’un « S ». Je ne spolierais pas mais disons qu’elle s’inscrit dans le sens de l’histoire de l’équipe. A priori ce n’est pas tellement l’identité même du personnage mais plutôt le pacte qui va avec qui devrait jouer sur le futur immédiat de la série. N’empêche qu’à travers tout ça l’ambiance du titre a beaucoup changé en l’espace d’un numéro et que par moment on a un peu l’impression que les héros se sont fait greffer de nouvelles personnalités pendant la nuit. Peut-être qu’avec un arc de transition la pilule aurait été moins amère mais là le virage est un peu trop brutal et on est plus dans le regret de l’ambiance récente de la série que dans l’envie d’en voir plus de cette nouvelle mouture…

[Xavier Fournier]