Avant-Première VO: Review New Avengers #33[FRENCH] C’est la veillée d’armes avant l’attaque ultime, avant la fin d’un monde. Et Victor Von Doom explique comment il a pris conscience de quelques vérités déterminantes dans ce jeu d’échecs cosmiques. Doom, dans le multivers, est un pion devenu rare qui, en retour, doit retirer une pièce maîtresse de l’échiquier. Mais avec Jonathan Hickman, il faut s’attendre à dire « c’était quoi déjà la question ? » quand on a la réponse.

New Avengers #33New Avengers #33 [Marvel Comics] Scénario de Jonathan Hickman
Dessins de Mike Deodato
Parution aux USA le mercredi 29 avril 2015

Connu pour ses récits elliptiques, Jonathan Hickman est ici pratiquement au pied du mur. Le voici à la veille d’entamer son Secret Wars mais avec une question de fond… Quelle est la pierre de voûte de son run sur les Avengers et les New Avengers, soit 40 épisodes d’un côté, 33 de l’autre et quelques annuels ou spéciaux en cours de route. Pour ce faire, le scénariste choisi une voie des révélations qui n’est pas sans évoquer la Bhagavad-gîtâ, le  » Chant du Seigneur » de la tradition védique. Oui, je sais, vous veniez lire une review sur un comic-book, pas une sortie de route concernant un antique poème hindou. Mais les recoupements sont là, l’ambiance, épique, est là même. À la veille d’une grande bataille et d’un sacrifice monumental, on discute des choses à venir et des raisons de la guerre. Si ce n’est qu’avec Hickman la chose se fait en deux étapes. Dans un premier temps ce sont Doom et Molecule Man qui « chevauchent » l’un à côté de l’autre, Molecule Man étant celui qui explique. Dans une phase plus tardive, ce sont Doom et Strange qui discutent et Doom qui devient celui qui partage le savoir… et apporte la guerre.

On reconnaîtra à Hickman d’arriver à tisser beaucoup de choses. D’abord, toujours le parallélisme avec DC. Les Beyonders et leur « librairie des mondes » évoquent maintenant bien les Monitors et leur serre des terres alternatives, au moins sur un plan structurel. Et puis il y a la manière de tout relier, de trouver les racines des événements récents au moins dans les premiers épisodes qu’Hickman avait écrits non pas pour les Avengers mais bien pour les Fantastic Four. Aux dessins, Mike Deodato se tire assez bien d’une histoire qui lui laisse assez peu de décors, de situations, et confère même un petit côté « 2001 Odyssée de l’Espace » à une incursion. Ce que l’on peut regretter, par contre, c’est que sur le long terme Hickman entretient assez peu ses mystères, ses intrigues. Si bien qu’il arrive ici avec des éléments qui sont importants pour mieux comprendre des choses en suspens depuis au moins New Avengers #1. Mais sans avoir pris la peine d’entretenir des relais entre-temps, les réponses viennent (trop) longtemps après les questions. Au moins, on ne pourra pas lui faire le reproche d’oublier d’y répondre, contrairement à certains auteurs de l’époque. Ultime reproche, je n’aurai pas craint de voir un peu plus les Illuminati dans ce qui apparaît comme le dernier épisode de leur série. Donner une sorte de conclusion non pas à la trame mais aussi à « l’équipe » aurait permis de refermer les choses avec plus de sentiment.

[Xavier Fournier]