[FRENCH] En 1932, bien avant l’apparition de Captain America ou d’Human Torch, un aventurier masqué, The Operative, joue à Robin des Bois, cambriolant les riches corrompus tandis qu’une vague rumeur parle d’un justicier spectral nommé le Revenant. Mais The Operative va vite se retrouver pris dans une machination qui va provoquer une confrotation des « hommes mystères » de cette pré-histoire de Marvel…

Mystery Men #1
Scénario de David Liss
Dessins de Patrick Zircher
Sortie aux USA le 8 juin 2011

Un peu comme Jonathan Hickman avec son SHIELD, David Liss s’intéresse à l’histoire cachée de l’univers Marvel. Mais la ressemblance s’arrête à cette préoccupation. Le scénariste des Mystery Men de Marvel fait appel non pas aux grands génies de l’Histoire mais à des archétypes sortis de l’univers des pulps. Bien que nous ne rencontrions dans ce premier épisode que la moitié du casting (The Operative, Revenant et sans doute Aviatrix) il est manifeste qu’on puise dans les racines littéraires du super-héroïsme, adversaires sanguinaires compris (le personnage du militaire me fait furieusement penser au Général Immortus, un ennemi de la Doom Patrom). Fans de la gamme Marvel Noir, il y a dans Mystery Men bien des choses pour vous, encore que Liss maîtrise bien la différence entre le parfum « Noir » et la mouvance « Pulp ». Son background littéraire lui permet de bien camper la situation. Même si le premier épisode s’intéresse surtout à The Operative, il a l’avantage de camper un contexte solide et efficace.

Autre avantage : si vous n’avez pas votre carte d’abonnement à la totalité des titres Marvel, rassurez-vous, Mystery Men n’est pas englué dans une continuité passéiste. En fait les allusions à l’univers Marvel sont rarissimes (tout au plus une mention au Daily Bugle ?) et le récit est vraiment reader friendly. En fait, à l’heure où tout le monde dit qu’il est impossible pour un lecteur de commencer une série sans se perdre dans le folklore de l’éditeur, ce premier numéro va au contraire dans le sens de la compréhension, de l’ouverture. Sans se défaire de son parfum de mystère. Quand aux dessins de Patrick Zircher… Zircher est un artiste productif mais dont le travail va plus ou moins bien à certaines séries. Ici… il convient tout à fait et n’en fait pas des tonnes. Souvent le piège pour les dessinateurs quand il s’agit de faire « pulp » ou « mystère » consiste à tout noircir, charger les pages aux dépens de la narration. Ici, clairement, ce n’est pas le cas et Zircher s’en tire à merveille. Ce qui est injuste, sans doute, c’est que dans le marché actuel on imagine mal que les Mystery Men cassent la baraque mais en tout cas, au niveau du contenu, la série démarre très très bien.

[Xavier Fournier]