[FRENCH] C’est au tour de Justice League Dark de livrer le secret de ses origines. Sauf que nous avons vu le début de ce collectif l’an dernier, au début des New 52. En théorie il n’y a donc rien à nous apprendre. Si ce n’est… la première rencontre de John Constantine avec Zatanna…

Justice League Dark #0 [DC Comics] Scénario de Jeff Lemire
Dessins de Lee Garbett
Sorti aux USA le mercredi 26 septembre 2012

Quelques années en arrière, John Constantine touchait déjà à la magie… mais était encore un jeune coq. Le voici qui débarque alors aux USA et qui rencontre non seulement Zatanna mais aussi son mentor. Car il y a eu un « Hellblazer » avant lui, un expert de l’occulte traînant la même dégaine, le même imper (j’ai cru un instant à une version DCnU de Doctor Occult). A partir de là les choses deviennent donc pour le moins étonnantes et intéressantes. On savait que John et Zatanna s’étaient connu « bibliquement » dans le passé mais voilà qu’on transforme l’affaire en triangle amoureux, avec quelqu’un qui, peut-être, serait encore plus puissant que les deux héros qu’on connait. L’épisode lance donc des pistes, même si le mentor fini quand même en assez mauvaise posture… J’ai bien aimé le jeu entre Constantine et cette version plus vieille de lui-même, son modèle. Il m’a semblé y voir un rapprochement avec ce qu’Alan Moore lui-même avait envisagé de faire dans le crossover avorté Twilight, où un jeune Constantine finissait par saboter l’avenir d’une version plus vieille de lui-même. Ici il n’y a pas de paradoxe temporel à l’oeuvre mais le côté « opposition à un personnage identique » m’y a fait penser…

D’une certaine manière cet épisode aurait mieux fonctionner avec un graphisme plus noir que celui de Lee Garbett (qui n’est pas mauvais, c’est juste une question d’ambiance). Avec un Michael Lark ou un John Paul Leon, l’effet aurait sans doute été plus envoutant (à plus d’un titre). Niveau scénario, Jeff Lemire dégage de bonnes ondes mais il manque un certain niveau d’acidité. Même si ce n’est clairement pas le John Constantine de Vertigo, ce serait bien que cette version du personnage mérite un peu plus ce surnom de « bâtard » qu’on lui colle (et ici encore alors qu’objectivement la seule « trahison » à laquelle il se livre est très humaine et banale).

[Xavier Fournier]