Entre l’aventure commune dans No Justice et l’actuelle série Justice League, il s’est passé quelque chose qui a profondément changé la manière de voir les choses de Lex Luthor. Cet épisode nous propose donc un rapide retour en arrière pour observer ce qui a provoqué la formation de cette Legion of Doom. Ce numéro n’utilise guère la Justice League mais il est nécessaire pour mieux comprendre les motivations de leurs adversaires.

Justice League #5Justice League #5 [DC Comics]
Scénario de James Tynion IV
Dessins de Doug Mahnke
Parution aux USA le mercredi 1er août 2018

Il y a quelques semaines, la Justice League et d’autres groupes de héros se sont alliés un peu à tout ce qu’ils pouvaient trouver pour sauver l’univers. Cela nous a permis d’observer des personnages comme Lex Luthor, Sinestro ou Starro se battant pour une fois au côté du Bien. Il aurait été facile et logique d’expliquer que cette réunion était, en elle-même, à l’origine de la formation de la Legion of Doom. James Tynion rajoute cependant une pierre à l’édifice pour construire à la fois l’égo et la philosophie de Lex Luthor. On sait le milliardaire assez imbu de sa personne, et déjà convaincu que l’entropie infeste l’univers, voici un petit trip qui tout à la fois le flatte dans le sens du poil, en lui assurant la postérité, mais lui promet aussi l’échec. Loin de vouloir rester dans les mémoires comme le looser suprême, Luthor n’a donc d’autre choix que de passer la vitesse supérieure et constituer petit à petit sa « légion ». Ce vieux Lex est obsédé par sa destinée, ce n’est pas nouveau, mais peut-être que Tynion y va un peu fort par endroits. Par exemple n’aurait-il pas été mieux qu’il trouve le bureau perdu de son père par déduction plutôt que par un « coup de chance » un peu gros ? Pour autant, c’est un épisode qui fonctionne car il installe des synergies entres les « doomers ». L’alchimie entre Lex et Gorilla Grodd, principalement, marche à merveille. Dans sa narration, Tynion semble épouser certaines techniques de Geoff Jonhs sur Doomsday Clock, prenant la peine, dès le début, de citer quelques grandes figures criminelles de l’univers DC. Mais il n’en reste pas moins qu’à force de flashbacks et de scènes dans le futur, l’histoire, bien qu’intéressante, en sort un peu décousue.

« He knows the world has changed., but he doesn’t understand how. »

Doug Mahnke convient bien pour véhiculer une certaine ambiance dureté chez les personnages. A part pour le côté futuriste, qui ressemble plus à un carnaval qu’à autre chose, l’artiste nous donne des « Doomers » qu’on ne saurait confondre avec des héros, avec des expressions entre le ricanement cynique et la colère. D’une certaine manière Justice League #5 parachève la reconstruction de Luthor entamée depuis Forever Evil. Par extension, une partie de ses collègues super-villains sont eux aussi portés par le même élan. L’épisode marque un peu, également, la limite pour les bad guys de DC tentés parfois de jouer dans l’autre équipe. Lex ou Sinestro ont tous les deux changé de bord ces dernières années et c’est une manière de les ramener dans une position ferme. On regrettera cependant que l’épisode soit un peu « light » en révélations et en secrets, d’autant qu’il finit par retomber sur ce qui était essentiellement le cliffhanger de l’épisode précédent.

[Xavier Fournier]