[FRENCH] Élément intégré au background de la série depuis plusieurs mois, la relation entre le Plutonian et Bette Noire arrive cette fois au premier plan, avec des retombées qui ne se limitent pas au simple plan sentimental. Et dans le même temps on en découvre encore un peu sur l’enfance du protagoniste principal de la série…

Irredeemable #11 [Boom] Scénario de Mark Waid
Dessin de Peter Krause
Sortie aux USA le mercredi 24 février 2010

Ce n’était pas dit officiellement… mais démontré par tous les autres moyens possibles. Il était évident que la « Black Canary » de cet univers avait « fauté » avec le Plutonian et ce numéro nous en dit bien plus à ce propos. Et d’abord comment « fauter » avec quelqu’un qui est assez fort pour déplacer des continents et pourrait vous détruire d’un simple faux mouvement ? Mark Waid continue d’explorer le passé du Plutonian et les éléments qui l’ont poussé du mauvais côté. On comprend mieux une certaine forme de sa frustration et la brève visite à sa famille adoptive démontre bien, également, que l’enfance d’un pseudo-Superman n’aurait rien d’un lit de roses. Pour autant l’histoire pèche un peu pour une ou deux (petites) raisons. Je veux dire par là que les révélations auraient sans doute plus de poids si Gil n’avait été depuis le début une sorte de mix immortel entre Green Arrow, Hawkman et Thor qui se contente surtout de rester dans l’arrière-plan. Il est difficile d’avoir de l’empathie pour ses malheurs, que ses blessures soient morales ou physiques. Si on nous avait présenté auparavant un peu mieux le couple qu’il forme avec Bette, sans doute que le contre-coup de cet épisode serait autrement plus puissant… Et j’adhère également peu au personnage que les héros affrontent dans ce numéro. Cette version militarisée d’Etrigan le Démon a peu de charisme. Bien qu’il soit à l’évidence très dangereux il est difficile de lui trouver du panache.

Reste cependant que Irredeemable est une fois de plus au rendez-vous et que les éléments établis continuent de former une sorte de trame générale dans laquelle tout peut basculer et à tout moment. Peter Krause reste également très cohérent dans son approche du graphisme (même si au niveau des couleurs je ne serait pas contre quelque chose d’un peu plus vif que ça). Par contre il est certain que la série amorce un cap, une sorte de quitte ou double, où de nombreux éléments sont introduits et où on se demande si certains d’entre eux (Encata par exemple) ne risquent pas de faire diversion plutôt que de réellement renforcer l’ensemble. Pour l’instant en tout cas, Irredeemable reste une excellente lecture…

[Xavier Fournier]