Avant-Première VO: Review Infinity Entity #4[FRENCH] Adam Warlock est désormais très différent, des suites des derniers projets de Jim Starlin. C’est même littéralement un autre personnage, beaucoup plus puissant, ce qui occasionne bien des convoitises de la part des autres entités cosmiques. Tandis que Warlock, devenu « l’entité de l’infini » se demande qui est son véritable ennemi, Jim Starlin nous donne quand même l’impression de tourner en rond.

Infinity Entity #4Infinity Entity #4 [Marvel Comics] Scénario de Jim Starlin
Dessins d’Alan Davis
Parution aux USA le mercredi 7 avril 2016

Les marottes de Jim Starlin sur la recherche de soi à travers l’infinité de l’univers, on connaît. On ne s’étonnera donc pas de les retrouver dans cette minisérie de quatre épisodes hebdomadaires, où une certaine version d’Adam Warlock se demande quelle est sa place dans l’existence. Mais on comprendra aussi pourquoi et comment Marvel a pris la décision de publier le projet en l’espace de quelques semaines tant il donne une impression de déjà vu, avec une visite en règle des entités cosmiques et l’affrontement avec des personnages habituels du Starlinverse, comme l’Inbetweener dans les précédents épisodes ou celui qui s’attaque à Adam dans cet ultime chapitre. Le tout nappé d’une sauce contemplative qui a fait le succès de Starlin à une certaine époque. Seulement voilà, quand même, arrivé à ce stade, Infinity Entity nous donne l’impression d’un bon vieux restaurant qu’on connaitrait bien, qui serait même devenu notre cantine à une époque mais qui, des années plus tard, proposerait en tout et pour tout le même plat du jour. Ce qu’il manque ici, c’est un contre-champ, c’est à dire un personnage qui pourrait occuper la place qu’avait Pip le Troll dans le temps pour Adam. Peut-être pas Pip lui-même puisque justement ce serait là aussi du déjà vu, mais quelqu’un qui brise ce côté monologue.

« Base schemer, did you truly believe such a desperate and pathetic ploy might save you? »

Le vrai atout de cette minisérie, c’est le dessinateur Alan Davis. Son registre à lui est plutôt teinté de la notion d’émerveillement, de ce petit sourire en coin qui a pu animer, à d’autres époques, le Clan Destine, Excalibur ou même ses couvertures de Miracleman. Ici, la matière est plus « premier degré », ne laisse guère de place à ce petit recul. Alors Davis canalise plutôt des effets lorgnant sur du Neal Adams de la grande époque (ce qui n’est pas une mauvaise référence). L’artiste est un atout car si l’on devait suivre cette même histoire sous les dessins de Starlin, comme pour les récents projets consacrés à Thanos, ce n’est pas que ce serait mauvais… mais l’effet de « déjà vu » serait encore plus évident et donc plus lassant. La réalisation, dans les dernières pages, que cette histoire n’est pas autonome (elle n’est jamais qu’un prologue incomplet qui sera sans doute résumé en quelques cases dans le projet suivant de Starlin) achève de nous laisser sur notre faim. Il y avait des choses plus nerveuses à faire avec Adam Warlock, quelque chose qui lui rendrait du lustre. Il en sort une nouvelle fois passif et pour ainsi dire plus la victime que le héros du récit. Dommage. Espérons que ça se reprendra au moment de Thanos: The Infinity Finale.

[Xavier Fournier]