[FRENCH] Mark Waid, fort de sa relance de Daredevil, s’attaque cette fois à redorer le blason de Hulk, en compagnie de Leinil Yu. Un nouveau cap pour le géant vert mais aussi et surtout, à ce stade, pour son alter-ego, Bruce Banner. Et la première impression est plutôt bonne…

Indestructible Hulk #1 [Marvel Comics] Scénario de Mark Waid
Dessins de Leinil Yu
Paru aux USA le mercredi 21 novembre 2012

Après que l’Incredible Hulk du pourtant généralement inspiré Jason Aaron ait fait « Pschitt », c’est Mark Waid qui a la charge de la reconstruction, dans des conditions qui, finalement, ne sont pas très différentes de celles qui avaient précédé sa relance de Daredevil. Comme Matt Murdock à l’époque, Bruce Banner a passé une sale année, Aaron le traitant comme un fou dangereux tandis que Hulk était la personnalité stable. Waid revient vers quelque chose de beaucoup plus proche des dernières années du run de Greg Pak, avec un Banner à nouveau « en place », un esprit stabilisé qui veut faire autre chose de son existence qu’être considéré comme le monstre de service. Pour autant Waid prend soin de ne pas totalement en faire un esprit pur. On voit bien qu’une pointe de jalousie est à la base du raisonnement de Banner/Hulk. Assez curieusement l’objet de cette jalousie n’est pas le Red Hulk (on comprendrait pourtant que Banner ait les nerfs que Thunderbolt Ross, un meurtrier, soit accueilli dans les rangs des Avengers et pas lui).

A partir de ce constat, Waid retombe vers une idée que Peter David, en son temps, était passé très près de mettre en place sur la série. Le concept des « Men in Green » : Banner/Hulk décide de canaliser son énergie au service des services secrets. Toute la question étant de savoir si ces institutions, elles, sont prêtes à recevoir Banner les bras ouverts et ce premier épisode consiste, en gros, à un bout d’essai pour convaincre Maria Hill. A ce niveau, Waid est un peu handicapé parce qu’Aaron, dans l’année écoulée, avait utilisé une simili-Maria Hill (la dénommée Von Doom). De ce fait pour l’instant la dynamique semble familière. Mais on sent déjà que Waid va nous mener rapidement vers des terres plus neuves. Aux dessins Leinil Yu est fidèle à lui-même mais n’est pas aidé par des couleurs beaucoup trop lourdes, qui ont tendance à uniformiser l’ambiance. Pour autant c’est un début très très encourageant. On sent que Waid et Yu sont partis pour recalibrer les relations de Banner/Hulk avec le reste de l’univers Marvel. Une bonne manière, sans doute, de nous faire redécouvrir le géant vert…

[Xavier Fournier]