[FRENCH] L’ennemi ayant corrompu deux des plus gros bagarreurs de l’univers Marvel, Thor se retrouve seul au moment de leur tenir tête. Un combat homérique mais par ailleurs dans le camp des héros on commence à perdre la foi. Et si se battre ne servait à rien ? Un numéro qui n’est pas vide mais dont la conclusion est curieusement creuse…

Fear Itself #5 [Marvel Comics] Scénario de Matt Fraction
Dessins de Stuart Immonen
Sortie aux USA le mercredi 10 août 2011

Thor face à Hulk et à The Thing. Voici le genre d’affiche qui fait un peu penser aux crossovers classiques du silver age. Mëme s’il n’est pas très crédible que le fils d’Odin puisse résister à deux colosses de ce genre augmentés par la sorcellerie. Mais Thor s’accroche et nous donne ainsi un moment de bravoure, alors que son père a tourné le dos à la Terre. A ce sujet la rencontre Tony Stark/Odin fonctionnerait sans doute mieux si le contenu de la série Invincible Iron Man ne nous avait pas déjà bien « vendu » l’accord qui se négocie entre ces deux là. Vu que les deux séries sont du même scénariste, c’est un peu paradoxal qu’il se spoile d’un titre à l’autre. Cependant c’est seulement un détail dans un numéro qui, par ailleurs, véhicule son lot de tension, d’espoirs, de courage et de désespoirs au moins aussi profonds.

Assez curieusement le fait que Captain America aille, pratiquement la fleur au fusil, combattre Sin me semble assez irresponsable de sa part. En gros son ami s’est fait descendre en utilisant la même arme (le bouclier) et Rogers y retourne sans plan préparé, combattre le même adversaire avec le même bouclier. Et c’est le stratège des Avengers ? A comparer la scène avec les gamins Richards m’a paru plus touchante parce qu’elle apporte un point positif dans une histoire où pas mal de monde déprime. A un point d’ailleurs où c’est à se demander pourquoi car ce n’est quand même pas le premier crossover que la plupart de ces héros traversent. Certes il y a des morts et des revers mais à ce stade j’ai de la peine à voir ce qui leur fait plus peur que… disons Secret Invasion. Le fait que certains d’entre eux perdent les pédales vers la fin et, en gros, fichent le camp, me parait un brin surjoué, artificiel. Là où l’optimisme des gosses Richards aurait sans doute fait une meilleure conclusion. On a bien senti que l’issue de la guerre va se jouer plus tard, quand Stark reviendra avec ses nouveaux jouets. Mais d’ici là ce serait sans doute bien de nous montrer en quoi la menace est si terrifiante (et, non, la mort d’un Captain America ne suffit pas à ce stade pour expliquer la panique générale). Il y a de la tension, il faut reconnaître ça. Mais il manque quelque chose à l’ensemble pour vraiment corser l’enjeu. Et quelques héros qui baissent les bras n’est pas suffisant si c’est juste amené comme ça.

[Xavier Fournier]