[FRENCH] La création principale de Michael Turner, Fathom, revient pour un nouveau chapitre axé plus particulièrement sur la culture sous marine de l’héroïne. Blue Descent a un peu le goût d’un « World of Krypton » adapté à l’univers sub-aquatique de la belle ondine.

Michael Turner’s Fathom: Blue Descent #1 [Aspen] Scénario de David Schwartz
Dessins d’Alex Sanchez
Sortie aux USA le 1er septembre 2010

Fathom sans Michael Turner… Des années après la disparition du scénariste/dessinateur le sentiment reste là, tangible, dès qu’on ouvre un numéro (servit par une couverture sobre mais efficace de David Finch) où la belle Aspen évolue désormais sans la houlette de son créateur. Dans ces conditions David Schwartz et Alex Sanchez ont une pression certaine puisqu’on ne peut manquer de les comparer à Turner et que, forcément… Cela dit le scénario de Schwartz n’a rien de déshonorant (bien au contraire) et s’attache à nous détailler un peu plus le monde « bleu » sur fond de saga familiale, de rêves, de souvenirs et de disparitions cauchemardesques.

En définitive celui qui ressent sans doute le plus la pression est le dessinateur, Alex Sanchez. On sent qu’il essaie de ménager les fans de la première heure de Fathom (certains visages, en particulier en seconde partie de l’épisode, évoque un peu ceux de Turner) mais qu’il doit lutter contre une tendance naturelle à aller vers quelque chose d’un peu plus « photographique » (pour exemple le gros plan de visage qui occupe la moitié de la page 15). On a également un peu de mal à « entrer » dans les premières pages puisqu’elles montrent des enfants en bas âge et que c’est une morphologie que maîtrise moins l’illustrateur (avec leur gros nez rond on n’est pas loin de hobbits). Malgré ces réserves il ne faudrait pas croire que j’ai une opinion négative du travail de Sanchez. Il me semble au contraire qu’au fur et à mesure qu’on avance dans l’épisode il progresse dans son approche des personnages. Il en restera sans doute quelques-uns pour lui faire le procès de ne pas être Turner mais, à défaut, il me semble qu’à terme Sanchez pourrait vraiment faire sien cet univers.

[Xavier Fournier]