[FRENCH] Les démons sont déjà arrivés. Ils sont sur Terre et s’affrontent allègrement tandis que les humains sont pris entre deux feux. Et la position n’est pas idéal à assumer pour Cy Morgan, qu’un voyage dans les « Dreamlands » a rendu totalement fou. Enfin les gens le croient fou mais quand on trouve un cadavre écarlate, aux pieds fourchus, dans les décombres d’un incendie, forcément ça jette un froid. Après des débuts laborieux, cette mini s’améliore et trouve son rythme.

Fall Of Cthulhu: Godwar #2 [Boom!] Scénario de Michael Alan Nelson
Dessins de Mark Dos Santos
Sortie aux USA mercredi prochain (24 septembre 2008)

Les forces infernales sont en marche et Cy Morgan, un patient en psychiatrie, joue un rôle important dans l’équation. Mais lequel ? Cela reste confus. Et le rôle joué par Lucifer, une jeune fille brune, est également trouble (cela dit, il faut toujours se méfier des filles qui s’appellent Lucifer). Alors que le premier épisode reposait surtout sur Cy Morgan, ce deuxième chapitre donne un peu plus de dimension au reste de la distribution et surtout à Raymond, policier confronté de plein fouet à l’étrangeté des événements. Et ca fonctionne beaucoup mieux ainsi car plongé dans sa folie Cy est un peu comme un clown « auguste », il lui faut des personnages un peu plus normaux pour lui donner un écho. Du coup, la dynamique de groupe est plus sympathique à lire que dans l’épisode précédent et le graphisme est lui aussi un peu plus inspiré bien que n’étant pas exempt de certains défauts.

Le plus gros problème que j’avais avec le premier épisode de Godwar était le design de The Harlot, énorme démon supposé être menaçant. Mais au final le graphisme lui donnait plutôt des airs aussi grandguignolesques qu’une femme à barbe dans une foire aux monstres. Et surtout ca n’évoquait pas vraiment l’univers lovecraftien. Cette fois la difficulté est contourné puisqu’on ne voit pas The Harlot mais ses machinations et c’est bien plus efficace de cette manière. Le principal problème du dessin de Mark Dos Santos c’est la finition, qu’il choisit d’effectuer avec quelque chose qui ressemble à des pointes feutres bas de gamme. La technique ne lui permet pas de jouer sur l’épaisseur de ses traits. Au point d’ailleurs où les banc-titres d’un journal télévisé sont visiblement dessinés à la main plutôt qu’un lettrage à l’ordinateur comme c’est désormais la norme. Ces finitions font un peu simplistes et ruinent un peu la dynamique de l’ensemble. C’est dommage car ça se limite vraiment à une question d’encrage.

[Xavier Fournier]