Avant-Première VO: Review Faith #1[FRENCH] Faith est de retour chez Valiant. Après une minisérie qui a fait ses preuves, Jody Houser passe à l’étape de la série régulière et développe l’univers du personnage, y compris au niveau de ses adversaires. Cerise sur le gâteau, c’est un numéro très accessible, même pour les retardataires.

Avant-Première VO: Review Faith #1Faith #1 [Valiant] Scénario de Jody Houser
Dessins de Pere Pérez, Marguerite Sauvage & Collen Doran
Parution aux USA le mercredi 20 juillet 2016

Editeur émergeant sur le marché américain, Valiant s’est taillé, ces dernières années, une solide réputation. On pourrait parler d’un excellent rapport/qualité prix en ce qui concerne le fait de réinventer et relancer un catalogue antérieur de personnages. Si le sans faute n’est pas de mise, bien des éditeurs plus gros devraient en tirer la leçon en ce qui concerne le reboot de personnages. De facto, le catalogue Valiant ne se contente pas de nous donner des imitations de Batman et des X-Men (même si, il faut bien le dire, les « Psiots » sont des mutants qui ne disent pas leur nom). Faith, en passant l’étape de la minisérie, devient ainsi la première série illimitée qui, véritablement, n’induit pas que lorsque l’on récolte des superpouvoirs on n’hérite pas aussi sec d’une silhouette de top-model, c’est un fait. Mais ce qui fait le charme de Faith c’est sa personnalité et le sentiment de spontanéité qui s’en dégage. Si vous castez un personnage pour des simples raisons de calcul, vous faites un « coup », mais vous héritez de quelque chose d’artificiel qui n’ira pas bien loin. Jody Houser a passé l’examen avec la mini et rempile donc avec cette série avec, toujours, la volonté de rester accessible. Pour preuve le fait que toute la première partie du numéro est consacrée à résumer les tenants et les aboutissants de la mini ou de l’existence antérieure de Zenith dans Harbinger. Si vous êtes passé à côté de Faith jusqu’ici, même lors de la mini, ce début de série régulière est encore plus facilement abordable. Et dans le même temps Houser montre qu’elle fait avancer le périmètre de l’héroïne, sa biosphère, en introduisant de manière fine et inquiétante (dans le contexte de l’histoire) un élément perturbateur.

« Sometimes it takes some trial and error to figure out where you belong. »

Faith vol.2 n’est pas simplement « on prend les mêmes et on recommence » dans l’histoire mais aussi dans l’équipe créative. Là pour le coup je préférais le contre-champ généré par l’opposition des styles de Francis Portela et Marguerite Sauvage dans le volume précédent. Les deux styles étaient très différents mais se complétaient d’une certaine manière. Marguerite est toujours de l’aventure, mais pas Francis, remplacé par Pere Pérez et Colleen Doran, deux artistes compétents et intéressants à part entière, mais la somme ne génère pas le même contraste. Ce n’est pas pour autant déshonorant et Doran nous réserve une intéressante scène d’ouverture. Ce qui distingue véritablement Faith du tout venant des comics, ce n’est pas réellement son poids ou son sexe mais, au bout du compte, son optimisme. Une qualité devenue précieuse dans les temps actuels et dans l’industrie des comics comme ailleurs. Mais dans le cadre d’une mini la promesse était facile à tenir. Avec cette nouvelle série et la conclusion de cet épisode, Jordy Houser et ses artistes nous montrent qu’ils vont tester la capacité de confiance de l’héroïne, la mettre à l’épreuve pour sans doute mieux la souligner. C’est, là aussi, un contraste. Et une leçon à retenir. L’optimisme dans un monde où tout va bien, c’est une facilité, un pléonasme. Et si le vrai superpouvoir de Faith/Zephyr (à l’image de Superman et de Captain Marvel/Shazam dans un passé révolu) n’était pas sa puissance de Psiot mais sa capacité à rester innocente dans un monde qui ne va pas bien ? C’est sans doute la ligne de cette série. Et peut-être une parabole, par les temps qui courent.

[Xavier Fournier]