[FRENCH] Doctor Doom contre Black Panther (bon, ok, ex-Black Panther), intellect contre intellect, nation contre nation avec, quelque part au milieu, les X-Men glissés en sandwich, pris dans l’event. En théorie la confrontation aurait pu être éclatante. Quand il faut passer au stade de la pratique…

Doomwar #1 [Marvel] Scénario de Jonathan Maberry
Dessin de Scott Eaton
Sortie aux USA le mercredi 17 février 2010

Il y a une époque où la perspective aurait fait saliver. T’Challa contre Victor Von Doom, avec une partie de l’univers prise au milieu en prime ! Seulement voilà, Doomwar c’est un peu la chronique d’un event dont on sentait à l’avance le côté hermétique et ça ne manque pas. C’est essentiellement une extension de la seule série Black Panther, tandis que le restant des personnages vaque par ailleurs à d’autres occupations dans les titres concernaient, en s’efforçant de faire comme si Doomwar n’existait pas. Doomwar est donc déjà, à la base, un « non-event » et à ce sujet une scène où Cyclops explique qu’il ne peut officiellement autoriser l’implication des X-Men dans ces événements se lit presque comme une parabole de comment les titres mutants font l’impasse sur le mari de Storm. Mais même sans parler de ce défaut structurel (dont la responsabilité n’incombe d’ailleurs pas aux auteurs de Doomwar), il faut bien voir que l’intérieur du fascicule est en deçà de ce qu’on aurait aimé lire (et là pour le coup Jonathan Maberry est plus directement concerné). Là, le Wakanda est victime d’un coup d’état et l’épouse de T’Challa est kidnappée. Et, ô surprise, le coup d’état est téléguidé de l’extérieur. Et là, même si c’est toujours facile de faire des comparaisons, il est difficile de ne pas mesurer ce récit qui manque de subtilité d’une autre saga semblable. Il y en a un qui avait tout compris au niveau de Black Panther : Christopher Priest ne se contentait pas de nous l’écrire comme un monarque noir mais bien comme le Batman africain, qui avait toujours un coup d’avance. Ses Black Panther #1-12 reposaient exactement sur cette même base (sauf que ce n’était pas l’épouse mais la mère qui était kidnappée) mais avec au combien plus de panache !

Ici, les choses sont présentées de manière factuelles. Doom met la main sur le Wakanda via une technique qui manque totalement de sel et T’Challa subit les événements en jouant les insurgés. Là aussi on ne peut qu’être rêveur en se demandant ce que nous aurait fait Christopher Priest si on l’avait laissé jouer pour un crossover avec les X-Men et Doctor Doom. On ne peut cependant pas en vouloir à Maberry de ne pas être Priest. Le problème est bien que le Doctor Doom et le T’Challa présentés ici sont comme des clones de seconde catégorie. Ils n’ont pas la dimension qu’on a pu leur connaître en d’autres temps. Et comme à l’évidence des guests comme les X-Men ne sont que « prêtés » par le X-Office et qu’il ne devrait rien leur arriver de très marquant, la lecture de Doomwar est à conseiller exclusivement à ceux qui lisent l’actuelle série Black Panther. Sorti de là, point de salut… Quelle opportunité manquée !

[Xavier Fournier]