WillisA[FRENCH] Comme dirait l’autre: « Yippee Ki Yay« . Boom! lance un comic-book consacré aux aventures de John McClane, le héros de Piège de Cristal et, par extension, de tous les films Die Hard. Mais plutôt que de nous raconter la suite, l’éditeur s’est lancé dans le périlleux exercice de la « préquelle »… Voici donc les tribulations de John McClane du temps où il débutait dans la police et avait tout à apprendre.

Die Hard Year One #1 [Boom!] Scénario de Howard Chaykin
Dessins de Stephen Thompson
Sortie aux USA le mercredi 30 septembre 2009.

Die Hard Year One #1Bienvenu dans les années 70! John McClane, le héros incarné au cinéma par Bruce Willis, débute à peine dans les rangs de la police et on pourra, dans un premier temps, s’interroger sur la pertinence de montrer les débuts presques timites d’un héros qui est l’archétype du flic sur le retour, qui a trop vécu. En un sens, c’est comme si on faisait une préquelle à Mike Hammer, un Year Zero qui le montrerait pour sa première enquete, quand il était propre sur lui et ne touchait pas à la bouteille. Il y a quelque chose de contradictoire à montrer l’alpha d’un personnage qui s’est caractisé par sa presque sortie de carrière. Bien sûr on m’opposera une logique à la Star Wars, en me disant qu’il est intéressant de voir comment un Anakin est devenu Darth Vader mais dans le cas de McClane nous ne parlons pas d’un univers étendu avec divers points de référence. C’est McClane qui fait le show et si McClane n’est pas aussi dur à cuire qu’on nous l’a montré dans les films, ce n’est déjà plus vraiment lui.

Après, il y a le délicat exercice qui consiste à essayer de représenter le faciès d’un jeune Bruce Willis, sachant que dans ces conditions les artistes sont assez rarement aidés par les ayant-droits (si le dessin est trop proche du portrait d’un acteur, il faut souvent payer des droits en plus pour utilisation de son image). Sur les couvertures, les différents illustrateurs y arrivent relativement. A l’intérieur Stephen Thompson fait du mieux qu’il peut mais pour avoir l’impression de reconnaître une attitude à la Willis/McClane, il m’a fallu attendre la 19ème page, c’est vous dire. Pour autant, malgré le bond en arrière et malgré la difficulté de représenter un personnage tout en ne devant pas être trop semblable, Howard Chaykin fait un très bon travail scénaristique. Cela a beau ne pas être LE John McClane plus vieux des films, il y a quelque chose dans le découpage de Chaykin qui fait qu’on peut s’imaginer ce que cela donnerait en film, avec une tonalité effectivement proche des Die Hard. Les revirements de personnages, le fait qu’on ne sait pas, au final, à qui faire confiance. Si ce n’est qu’une vingtaine de pages c’est un peu court pour émuler l’effet d’un film et que pour juger de cet aspect il faudra sans doute se rabattre sur le TPB. Die Hard Year One est loin d’être sans qualité mais me laisse un peu sur ma faim pour l’instant. A voir s’il s’agit d’une question de mise en place sur le premier numéro et si par la suite on ne s’y habitue pas. Ce n’est pas exclu. A surveiller, donc…

[Xavier Fournier]