Dessins de Mike Perkins
Parution aux USA le mercredi 29 juillet 2015
J’allais terminer cette semaine de reviews par une chronique sur Thors #2. Et puis je me suis repris. Parce qu’il y aura encore quelques occasions de parler de Thor tandis que Deathlok s’éteint dans une indifférence quasi-générale (googlez à la recherche d’une review du #10, vous en trouverez… peu). Et pourtant la doublette Edmondson et Perkins a fait un travail pertinent, consistant… D’autant que ce n’était pas gagné de passer derrière de nombreuses interprétations, de lancer un énième Deathlok. La « faute » qu’on commis les auteurs, sans doute, c’est de viser bas en termes de bad-guys et de guest-stars (Black Tarantula et Domino, c’est « léger » dans le contexte actuel) mais sorti de là – et ce dixième épisode en est la preuve, on a a droit à la maturation d’un personnage qui, tout en surfant sur les grandes lignes des précédents Deathlok (la mort officielle, la programmation embarquée, l’enfant laissé de côté pour mieux le protéger) s’en tire de façon personnelle. Nate Edmondson ne s’est pas amusé à faire un copié-collé du Deathlok d’Agents of S.H.I.E.L.D. et nous a donné un héros intéressant, qui prend conscience au fil de la série de ce qu’il est, les touches finales s’ajoutant ici dans les dernières pages.
Mike Perkins, lui, est le véritable artisan de ce sentiment de continuité qui a habité le titre. Son dessin, net, régulier et donnant la part belle aux ombres, convient tout à fait à cette histoire d’espionnage. Car avant tout discours sur la diversité, avant de réduire cette série à un lien avec le Deathlok de la TV, ce comic-book est une histoire d’espionnage, plein d’agents dormants et de retournements. D’ailleurs la comparaison a faire serait plutôt avec le Winter Soldier. Edmondson et Perkins nous ont donné un autre Winter Soldier qui existe par lui-même, sans rattachement à la mythologie d’un Captain America, et qui doit décider quoi faire du reste de sa vie. Et c’est bien le drame de cette série : on voudrait voir la suite, voir ce que le héros va décider. Idéalement on voudrait le revoir au moins en guest-star dans le comic-book du SHIELD ou je ne sais quel titre (fut un temps où il aurait eu sa place dans les Thunderbolts du Général Ross, par exemple). Mais à défaut de nous assurer d’une suite, ces dix épisodes sont d’une régularité sans faille (ce qui n’a pas été le cas des moutures précédentes du cyborg) et la lecture du run ou d’un futur TPB est conseillée. Les deux auteurs ont fait un excellent travail, hélas pas assez reconnu ou même, tout simplement, pas assez lu…
[Xavier Fournier]
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