[FRENCH] Après les événements de Shadowland, le héros s’est imposé un exil en disgrâce et a quitté New York. Ses aventures prennent alors le ton d’un road movie sur fond de petite ville où, selon la formule consacrée « on n’aime pas les étrangers qui posent des questions« . Est-ce vraiment la renaissance de Daredevil ? Difficile d’en être sur à ce stade…

Daredevil Reborn #1 [Marvel Comics]
Scénario d’Andy Diggle
Dessins de David Gianfelice

Sortie aux USA le mercredi 12 janvier 2011

J’ai été pour le moins mitigé… et même déçu… par la conclusion de Shadowland tant le personnage central avait été un peu prisonnier des événements, trop distant… Il était difficile de croire à un certain nombre de choses et l’aspect de la possession démoniaque était intervenu avec assez peu de subtilité à mon sens. Passé ce qui fut un faux pas, Daredevil Reborn semble donc – au moins par son titre – nous proposer la reconstruction du héros. Et le fait de l’entraîner dans l’Amérique profonde n’est pas pour me déplaire puisque j’avais été friand du run d’Ann Nocenti, quand cette scénariste avait déjà attiré Matt Murdock dans la campagne. Seulement voilà…

…Il est difficile de lire cet épisode de Diggle sans se dire que les choses sont tellement raccord avec Nocenti qu’on aurait presque l’impression que tout ce qui est arrivé entretemps ne s’est jamais passé. On a l’impression de lire une « histoire oubliée » de l’époque où Matt avait déjà pris la route. Dans l’absolu ce ne serait pas une mauvaise chose puisque j’aimais bien la période concernée mais cela fait vu et revu. Et en définitive Matt passe le plus clair de cet épisode à 3,99$ à se lier d’amitié avec un enfant tout en s’attirant la colère de ce qui semble être les forces de l’ordre. Cette mise en place lente (d’autant plus pour une mini-série en seulement quatre épisodes) me fait craindre l’effet « arc totalement décompressé ». Pour l’instant tout cela commence comme un fill-in. J’espère que d’ici la fin de la série la renaissance de Daredevil aura quand même pris bien plus d’ampleur et de panache que çà. Pour l’instant c’est cher pour ce que c’est. Restent les dessins sympathiques de David Gianfelice (Greek Street) un peu dans la mouvance d’un John Paul Leon qui serait moins porté sur les ombres, qui cultive un côté lumineux pour marquer le fait que le héros est sorti de son univers urbain noir. Mais quand même l’impression qui domine reste « peu mieux faire ». Peut-être au deuxième épisode ?

[Xavier Fournier]