Avant-Première VO: Review Daredevil #1[FRENCH] Allez, on va tuer tout de suite le suspens : Mark Waid et Chris Samnee ne sont pas devenus fous depuis l’arrêt de la précédente série Daredevil et on les retrouve donc toujours au même niveau de qualité (sinon plus) sur cette nouvelle mouture du titre. Mais cela ne veut pas dire pour autant que certaines choses ne changent pas…

Daredevil #1Daredevil #1 [Marvel Comics] Scénario de Mark Waid
Dessin de Chris Samnee
Parution aux USA le mercredi 19 mars 2014

Daredevil est reparti sur la côte Ouest des USA et, bien entendu, le contexte urbain de San Francisco n’est pas celui de New York. Alors, oui, d’un seul coup les constructions sont plus basses, la température est plus haute mais ce n’est pas les seules choses que Mark Waid modifie au passage. Il y a des choses qui évoluent aussi dans la tonalité, dans la narration, comme cette scène d’ouverture qui évoque beaucoup les séries TV « procédurales ». Matt Murdock pourrait donner des leçons au Mentalist. Et – avant même la question de montrer Murdock comme un spécialiste – le bouleversement vient du fait que Waid offre à l’alter-ego civil du héros une véritable nouvelle vie. Même si, dans la version « Marvel Now », les aventures de Daredevil n’étaient pas aussi noires qu’à l’époque de Shadowland, on ne peut pas dire que la vie privée de Matt était vraiment épargnée. En un sens à chaque fois qu’on voyait l’avocat, on savait qu’il allait en prendre plein la figure. S’il arrivait à Daredevil d’être dans la mouise, Murdock était continuellement au bord de la crise de nerfs.

Ici ? Murdock est plus maître de lui, y compris quand il n’est pas dans son costume rouge. Sa nouvelle vie passe aussi par une relation plus assumée avec Kirsten, qui monte en puissance au niveau soutien, comme une sorte de Foggy au féminin. De ce côté, sur ce qui est des amitiés du héros, le scénario joue aux montagnes russes jusqu’à la fin. De toute manière deux ou trois fois dans l’épisode on a l’occasion de tiquer (dans le bon sens, parce que l’histoire prend des virages). Chris Samnee non plus n’est pas un inconnu des lecteurs de DD. On ne peut pas dire qu’il s’est réinventer, qu’il revient entièrement différent, mais il en met réellement plein la vue, étant de plus en plus maître. Après avoir poussé leur personnage au fond du gouffre, Waid et Samnee nous montrent ici le rebond, la renaissance, une forme de « Born Again » différente. Et avec une telle tenue, clairement, Daredevil n’est pas parti pour devenir un rendez-vous qu’on oublie…

[Xavier Fournier]